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Un couple de Français à Montréal, Québec, Canada
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Au cinéma à Montréal

Christophe | 26 septembre 2005 | 00:41:22

Je vous en parlais sur le forum de Montréal à moi avant sa disparition cette semaine (peu d’intérêt surtout depuis la possibilité de réagir à un article sur la page même de l’article), le 23 Septembre 2005 était le jour de la sortie officielle au Québec du film de Cédric Klapisch, “Les Poupées Russes”, plus de trois mois après sa sortie en France le 15 Juin. Eh oui, nous avons certaines grosses productions américaines avant les européens, mais nous devons parfois attendre plus de six mois pour voir les films français qui marchent le mieux en France. En effet, tous ne sont pas distribués au Québec mais heureusement, Les Poupées Russes font partie des films qui le sont. Nous nous sommes donc rués au cinéma cette fin de semaine pour aller le voir, enfin, depuis le temps que je l’attendais !!
On y retrouve avec plaisir l’ambiance et la chaleur qui avaient fait le succès de “L’auberge Espagnole”, ainsi que les plans caméra, l’originalité et l’humour propres au style “Klapischien” reconnaissable entre tous ! Bref je ne suis pas critique cinéma mais je peux dire que j’ai autant aimé le deuxième opus que le premier. Et Kelly Reilly est décidément et définitivement une très belle petite anglaise ;) Je ne suis donc pas là pour vous faire un compte-rendu du film, mais pour vous parler d’autre chose que vous n’imaginez sans doute pas… ou plutôt pas encore.

Pourquoi est-ce amusant ? Parce que vous vous retrouvez dans une salle de cinéma qui a de grandes chances de se situer rue Sainte Catherine dans un cinéma dont le nom est “Le Parisien”. Et que cette salle… est remplie de français ! C’est à la fois très plaisant et déplaisant en même temps. Plaisant d’abord parce que le Consulat de France et les salles de cinéma à l’occasion de la sortie d’un film français sont les seules places à Montréal où l’on peut être certain que les personnes qui nous entourent sont françaises. Outre le Plateau où s’installent un bon nombre de français immigrants, Montréal n’a pas de quartier français à proprement parler. On sait donc que pendant deux petites heures, on sera en compagnie de nos “ex-compatriotes”; on sait d’avance qu’ils vont rire en même temps que nous, réagir en même temps à des références que nous seuls sommes en mesure de comprendre. On se sent à nouveau, l’espace d’un instant, en terrain conquis : on retrouve et on comprend naturellement les codes du langage, les codes visuels, gestuels et culturels ancrés en nous depuis notre naissance, que nous avons du mettre de côté depuis notre arrivée au Québec afin d’en apprivoiser peu à peu des nouveaux, dont certains sont encore inconnus… On en oublie presque que nous sommes dans une salle de cinéma du Québec, à Montréal. Puis vient le générique de fin du film.

C’est là que la partie troublante et déplaisante, teintée de nostalgie peut s’emparer de nous pour un court instant. On sort de la salle de cinéma… et des petits détails viennent subitement nous rappeler, comme si nous l’avions oublié, que nous ne sommes pas à l’UGC ni au MK2 mais dans un cinéma nord-américain, où plus exactement québécois. Cette transition courte, de la salle jusqu’à la rue, est souvent pour moi un vol supersonique Paris / Montréal, qui ne durerait heureusement qu’une minute. Quelques instants après, les rues de Montréal m’enchantent à nouveau, je sais ce que j’ai laissé là-bas avec amertume, mais je sais aussi ce que j’ai trouvé ici à mon grand plaisir… et la soirée continue jusqu’aux heures avancées de la nuit !

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Mazda 3…

Isabelle | 22 septembre 2005 | 21:27:20

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Nos voisins du Sud

Isabelle | 20 septembre 2005 | 00:18:29

Ce mois de Septembre, nos voisins du Sud ont encore fait couler beaucoup d’encre : ouragans, WTC… autant d’épreuves auxquelles nous assistons à quelques milliers de kilomètres au Nord. Ophelia était ici samedi; aucune comparaison avec ce que vivent les premiers touchés sur les côtes du Sud des États-Unis mais nous avons aussi traversé la fin de Katrina et c’était déjà quelque chose. Mais ce n’est pas de météo dont je veux vous parler. J’aimerais plutôt revenir sur les Américains si souvent critiqués et montrés comme contre-exemple. Pourtant… à y regarder de plus près, la critique est peut-être trop souvent rapide à leur égard. Comme à l’égard de tout pays d’ailleurs car un seul commentaire ne peut jamais refléter la diversité des millions de personnes qui constituent un pays. Alors je prends le risque de choquer certains en regardant pour une fois les Américains sous un autre oeil – tout en étant très consciente de leurs défauts. Inutile de me parler de la guerre en Irak, de Kyoto ou tout autre sujet, ce n’est l’objet de cette réflexion.

J’entendais il y a un peu un Québécois parler des États-Unis en disant que c’était un pays qui n’avait même pas été capable de se trouver un nom! Pas fou comme remarque mais peut-être qu’ils ne veulent pas non plus d’autre nom que celui des ” États-Unis d’Amérique”?

Rappels
Le patriotisme américain réunit les étrangers quand le patriotisme européen les exclut. Le drapeau américain prend tout son sens.Revenons tout d’abord au pratico-pratique, on parle du pays de la démesure, et dans démesure il y a 300 millions d’habitants. Quoi que je dise ici ne sera donc que très relatif au regard du nombre d’habitants concernés!

C’est un pays avec une culture jeune, à peine 400 ans si l’on se base sur le Mayflower. Mais c’est aussi une culture construite sur l’immigration et non comme en Europe ou nous vivons depuis près de 2000 ans dans une culture judéo-chrétienne qui s’est façonnée au fil des siècles. Les États-Unis ne sont donc pas une culture mais une association de cultures, le fameux ” melting pot”. Il n’y a par exemple aucune langue officielle inscrite dans la Constitution! Et quand on est tous différents les uns des autres, il faut bien se créer des repères, des valeurs communes. Le drapeau prend alors tout son sens. Car là où le patriotisme à l’européenne exclu l’étranger, le patriotisme à l’américaine réunit les étrangers autour de valeurs communes. Et c’est peu de le dire car chaque maison, chaque voiture porte son drapeau fièrement. Le matin à l’école on célèbre le drapeau; mais parler pour autant de patriotisme américain comme on le fait souvent avec critique est un jugement rapide et extrait bien souvent de son contexte. Peut-on dire que le drapeau français affiche encore des valeurs républicaines que chacun connaît et est fier de porter? Je me pose la question, je ne connais pas la réponse.

G.I. Jo
Il y a quelque chose de touchant chez les Américains dans leur capacité à s’entraider et à être solidaires. Là où le gouvernement fait souvent défaut, les gens sont prêts à risquer leur vie pour aider les autres, ce que nous avons pu revivre ces derniers jours en revoyant les images du 11 septembre. La charité est partie intégrante de chacun, les dons sont très importants, le bénévolat est obligatoire. Avec leur côté G.I. Jo, ils y vont et n’ont pas peur du danger, tant qu’il y a quelque chose à sauver. Oui ils sont courageux, oui ils sont venus à notre secours les yeux fermés lorsque nous en avions besoin. Parce que pour eux la liberté et la démocratie sont des valeurs indispensables à chaque pays. Car n’oublions pas que les premiers immigrants se sont réfugiés en Amérique suite aux persécutions dont ils étaient victimes, puis la vague de famine en Irlande etc. Etc. Des vagues successives d’immigrants rejetés de l’Europe puis de l’Amérique du Sud se sont retrouvés là-bas ensemble dans un pays ou tout était à construire. Je résume et je passe volontairement sous silence la conquête de l’ouest, la traite des Noirs… je n’ai pas l’intention de faire un cours sur l’histoire des États-Unis.

“We all live and learn”
J’aime beaucoup cette façon de percevoir les choses liées à la mentalité nord-américaine. Je dis nord-américaine parce que l’on retrouve cela aussi chez les Québécois. C’est l’idée qu’il n y a pas une bonne façon de faire mais au contraire qu’on peut toujours faire mieux. Contrairement à notre perception des choses, tu as essayé de faire différemment, tu es tombé tu t’es fait mal et bien au moins tu ne recommenceras plus… là c’est tout le contraire, tu as essayé différemment, tu es tombé ce n’est pas grave tu as appris qu’il ne faut pas faire comme ça, essaies d’envisager une autre façon. Ce sont de petites choses mais qui changent ô combien le quotidien, C’est beaucoup plus épuisant car oui, il peut toujours y avoir une place à l’amélioration, mais j’aime le défi. On se lasse vite d’une perspective dans laquelle il n’y place que pour la bonne et la mauvaise façon de faire. Il y a une place à l’idée nouvelle, une place à tout individu qui apportera une idée nouvelle à la communauté peu importe qui il soit. Il n’y a pas la peur de prendre des risques, d’innover, de tenter sa chance… Pas de hiérarchie dans tout ça : juste l’idée la plus profitable à tous.

Tout cela est aussi certainement lié à la culture protestante très liée elle-même à la culture américaine et bien différente de nos traditions catholiques. C’est d’ailleurs une des choses qui a longtemps divisé le Québec jusqu’à avoir causé la Révolution tranquille – mais je reviendrai sur ce sujet quand j’en aurai une meilleure connaissance.

Le rapport à l’argent est définitivement incomparable, les Américains sont fiers de parler de l’argent qu’ils ont fièrement gagné grâce à leur travail. Ce qu’ils ont, ils le méritent et ne s’en cachent pas. Mais pour autant ils sont très simples et un tee-shirt leur sied à merveille dans un restaurant 5 étoiles… Ou est le problème après tout? L’élégance, la disctinction? Ils ne connaissent pas non, ils n’ont pas le passé des monarchies de la vieille Europe pour leur rappeler l’attitude en société et les bonnes manières. Pourquoi vouvoyer quand un “You” suffit? La conjugaison elle-même a mis tout le monde sur un pied d’égalité. Que les Québécois ont reprise pour notre plus grand plaisir.

C’est une Amérique positive, fière que nous côtoyons, oui ce positivisme peut paraître arrogant. Mais n’ont-ils pas de quoi être fiers d’avoir construit le pays le plus important de notre époque en à peine 200 ans, à la sueur de leur front, eux – une communauté d’immigrés des quatre coins de la planète?

Après un an et demi d’immersion en culture nord-américaine je me rends compte que nous avons la chance d’avoir appris à porter un regard nouveau sur une multitude de détails. La même situation mais sous un angle différent et ça change la donne! Peu importe de savoir quelle est la bonne ou la mauvaise façon, l’essentiel est d’accepter qu’il y a d’autres façons de faire.

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Point de Rupture, le referendum de 1995 au Québec

Christophe | 9 septembre 2005 | 00:13:35

Je remarque que plus les mois passent, plus l’actualité du Québec et du Canada m’intéressent, alors qu’en même temps je me désintéresse malgré moi de l’actualité française. Manquer le JT de David Pujadas sur TV5 n’est plus une catastrophe comme ça pouvait l’être au début. Cela dit, pas une semaine ne se passe sans que je sache un minimum ce qui se passe en France, je sais par exemple que De Villepin vient de fêter ses 100 premiers jours à Matignon, l’heure du premier bilan approche semble-t-il ! J’y accorde je pense moins d’importance qu’il y a quelques mois, je me contente de lire les articles qui m’intéressent vraiment, et je me contente souvent de lire les gros titres pendant mon lunch du midi devant l’ordi au travail.

Justement, puisqu’il est question de l’actualité du Québec, hier soir et ce soir la chaîne de télévision Radio Canada a présenté sur ses ondes un documentaire en deux parties, intitulé “Point de Rupture”, à l’occasion des 10 ans du référendum sur la souveraineté du Québec. C’était d’après la chaîne le premier documentaire réalisé avec le concours des journalistes de Radio Canada côté français et anglais, et ce fut une véritable réussite. Dès la bande annonce la semaine dernière, mes deux soirées du 7 et du 8 étaient bloquées, je ne voulais manquer ça sous aucun prétexte !
Je pense qu’au bout de plus d’un an en Belle Province, je ressens le besoin de m’intégrer encore plus dans cette société plus ou moins encore nouvelle pour moi. Certaines choses, certains référentiels m’échappent encore, et c’est ma foi plutôt normal en fin de compte. Regarder cette émission était comme une évidente nécessité, j’avais je crois besoin d’en savoir plus sur ce fameux référendum de 1995 qui a profondément marqué les esprits des séparatistes mais aussi des fédéralistes qui voyaient l’éclatement de leur pays, le Canada, si le oui venait à l’emporter.

La souveraineté du Québec, le sentiment d’appartenance à une société distincte comme le disait Lucien Bouchard, sont en effet des thèmes récurrents. Je vous disais en juin dans ma news sur la Fête de la Saint-Jean, que lors de notre bref retour en France, on nous posait souvent la question : “Alors, c’est comment le Canada ?” Je ne pouvais alors m’empêcher de rectifier en précisant qu’il s’agissait plutôt du Québec, ce qui avait tendance à susciter l’incompréhension de mon interlocuteur… J’admets que le Québec est une des treize provinces du Canada et qu’à ce titre, le Québec fait partie intégrante du Canada. Mais, tous les québécois vous diront qu’ils restent (habitent) au Québec avant de rester au Canada ! Sans doute faut-il le vivre pour le voir et comprendre réellement cet état de fait.

Jacques Parizeau dans Point de Rupture - le Référendum de 1995 au Québec - ©SRC Radio CanadaLe documentaire de Radio Canada a fait son office : j’étais scotché devant mon écran de télévision et je pestais comme jamais à chaque pause publicitaire… Dieu sait qu’elles sont nombreuses les maudites ! Moi qui croyait que le référendum de 1995 n’avait concerné que le Québec et les québécois, je me suis rendu compte à quel point le Canada anglophone, les Etats-Unis et la France ont joué un rôle important pendant cette période critique. Jaques Parizeau et Lucien Bouchard essayaient de rendre le Québec indépendant et souverain, pendant que Jean Chrétien et son équipe devaient empêcher l’éclatement du pays. J’avoue n’avoir jamais vu la souveraineté du Québec sous cet angle : le Québec veut son indépendance d’accord, mais est-ce que le Canada est prêt à se séparer d’une de ses provinces sans rien dire? La joie des québécois si le oui l’avait emporté le soir du 30 Octobre 1995 aurait aussi provoqué une profonde tristesse parmi le Canada anglophone des autres provinces. “We love you Québec, we love you Québec!” scandaient alors de jeunes anglophones dans les rues, face à des québécois séparatistes septiques, alors que les sondages donnaient le oui gagnant à presque 60%… D’autres questions étaient posées dans ce documentaire : comment vont s’établir les relations économiques entre le Québec et le Canada si le oui l’emporte? La souveraineté du Québec doit-elle ou non passer par un partenariat ou des accords avec le Canada? Si le Canada refuse les partenariats, la souveraineté doit-elle quand-même se faire?
Jean Chrétien dans Point de Rupture - le Référendum de 1995 au Québec - ©SRC Radio Canada C’était en tous cas une période de crise majeure: le Canada et le Québec s’affrontait d’une part, et d’autre part le peuple québécois lui-même était divisé entre les partisans et les opposants à l’indépendance du Québec. Lors des manifestations des fédéralistes il y a 10 ans à Ottawa et ailleurs au Québec, on pouvait voir parmi la même foule des drapeaux canadiens et des drapeaux québécois ensembles ! Il est rare de voir du bleu et du rouge réunis ici… généralement, le bleu du 24 Juin cède sa place au rouge du 1er Juillet, on ne voit jamais les deux ! Comme quoi, on peut être québécois francophone ou anglophone, fier de l’être, mais être contre la séparation du Québec… J’ai sous doute vraiment compris ça ce soir.

Me voilà maintenant beaucoup plus septique moi aussi quand à la séparation du Québec avec le Canada. Dès que le prochain gouvernement québécois reprendra les rennes du pouvoir actuellement dirigés par Jean Charest du Parti Libéral, celui-ci aura pour mission de mener un référendum le plus rapidement possible. A l’heure actuelle, je ne sais pas de quel côté pencherait la balance de mon vote. De toute façon, il me faudra encore attendre deux ans avant de pouvoir voter, à partir du jour ou j’aurais acquis la nationalité canadienne. Ce n’est donc pas pour demain !

Liens connexes :
- Dossier “Point de Rupture” - Radio-canada.ca
- Archives multimédia du Référendum de 1995 au Québec sur Radio-canada.ca

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Weekend à New-York

Christophe | 4 septembre 2005 | 14:43:06

Une petite news tres rapide qui sera completee plus tard, en debut de semaine prochaine!
Je vous ecris en ce moment meme du Apple Store du quartier SOHO de… New York! Pour ceux qui ne le savaient pas, nous y sommes en effet jusqu’a lundi soir, fete du travail aidant!
Je n’ai pas le temps de vous raconter grandement ce qui se deroule sous nos yeux faut-il le dire “ebahis”, mais vous en saurez beaucoup plus sur cette meme page dans peu de temps a notre retour. En quelques mots… c’est FOU!!! C’est enorme, c’est magnifique, c’est inaccessible pour le commun des mortels, c’est feerique, c’est comme une sorte de reve qui nous laissera l’impression que Montreal n’est qu’une petite ville de province en comparaison. Ca grouille de monde sans cesse! Quand on se balade dans les rues de New York, on a la meme sensation que dans les rues de Paris: un inexplicable sentiment de bonheur.

Je vous laisse sur ces premieres impressions rapides! A tres bientot sur cette meme page pour un recit complet du weekend. Excusez le manque d’accent, ici, c’est Full Qwerty :)

A tres bientot !!


6 Septembre 2005
De retour de cet incroyable périple newyorkais duquel nous ne sommes pas complètement revenus finalement. J’ai été travailler aujourd’hui, non sans peine après notre retour tardif à Montréal, avec la tête dans les rues et les gratte-ciel de la Grosse Pomme.

Venons-en au fait! Premières impressions, premières sensations: le fait d’y être en vrai, enfin, après en avoir rêvé pendant si longtemps. C’est un peu bête sans doute, mais c’est vrai aussi. Pour la première fois de ma vie, je passais la frontière des Etats-Unis pour me retrouver projeté en plein coeur de New-York, après un long parcours dans le tunnel Lincoln qui relie le New Jersey à Manhattan. Et là… on lève la tête à chaque coin de rue, on n’à qu’une seule envie : que le bus s’arrête et nous laisse sortir pour enfin fouler le sol de la ville et se laisser émerveiller par la hauteur des gratte-ciel. Le bus s’arrête enfin, non loin d’un lieu emblématique mais qui l’était autrefois pour d’autres raisons : Ground Zero. Le doute s’empare de moi quant à ce choix du tour opérateur de nous faire visiter Ground Zero en premier… est-ce maintenant devenu un lieu tristement touristique ? Finalement, ce n’est pas Ground Zero qu’on est venu visiter, c’est le jardin d’hiver juste en face de ce qui abritait le World Trade Center. Dans le hall du jardin qui mène à la terrasse, un mémorial sur l’histoire des Tours Jumelles, de leur conception à leur destruction pour finir par un exposé sur Freedom Tower, le projet de construction de “remplacement” du WTC. Jardin d’hiver… Ground Zero… Freedom Tower… ok. Le Jardin d’hiver est très beau, mais on a vite fait le tour, et on décide alors d’aller apprécier la vue de la terrasse. Et Ground Zero nous apparait cette-fois en pleine face. On comprend. Le jardin d’hiver était un prétexte. Avant d’apprécier New-York à sa juste valeur, il fallait prendre conscience de ce qu’avait pu représenter le 11 Septembre 2001 pour la ville de New-York, pour les Newyorkais, et pour les Etats-Unis. Finalement, le jardin d’hiver du World Financial Center en guise de prise de contact avec la ville, était un bon choix. Non que la couverture médiatique des attentats du 11 septembre 2001 n’avait pas été suffisante à l’époque, il y a quatre ans… mais, la ville souffre encore tellement des séquelles physiques et psychologiques de la tragédie qu’il fallait à mon sens y être en quelque sorte préparé pour mieux la saisir.

Pas une journée de notre weekend touristique à New-York ne s’est déroulée sans ne serait-ce qu’une allusion aux attentats : le site de Ground Zero lui-même évidemment, avec une des tours restantes du WTC enveloppée d’un immense drap noir et destinée à être détruite à cause de ses fondations trop fragiles, la “Sphere for Plaza Fountain“, une oeuvre d’art de Fritz Koenig qui représentait une sphère parfaite, et se trouvait au pied des tours jumelles, déplacée telle quelle à Battery Park pour en faire un mémorial, une inscription sur un banc, les journaux, la radio, les conversations des gens dans la rue… la tragédie du 11 Septembre est encore bien présente dans tous les esprits.

Heureusement, NY, ce n’est pas que ça ! C’est aussi le quartier de Soho avec ses escaliers en fonte servant anciennement de sorties de secours tels qu’on peut les voir dans “Ghost” par exemple ! Greenwich Village, qui ressemble parfois à s’y méprendre à certaines rues de Montréal. Central Park, le fameux Central Park, l’immense Central Park! Ne comptez pas le traverser à pied sur sa longueur… ou prévoyez de bonnes chaussures de marche et une bonne dose d’exclamations de bonheur au beau milieu de ce coin de nature en plein Manhattan. Harlem, qu’on n’osait pas traverser en voiture autrefois alors qu’aujourd’hui les touristes viennent visiter le quartier. La Cinquième Avenue et ses boutiques luxueuses, ses musées dont le Guggenheim Museum… Times Square, un déluge de publicités partout autour de soi, presque aussi impressionant de jour comme de nuit! Et une agitation permanente, un tumulte incessant de piétons, de taxis qui klaxonnent…

Moi qui n’ait absolument aucun sens de l’orientation, en une journée j’aurais été capable de me diriger d’un point A à un point B sur l’ile de Manhattan. C’est tellement simple ! Douze avenues et plus de 190 rues, toutes perpendiculaires sauf au sud de l’île, rien de plus simple même pour moi ! Cela dit, il m’aurait encore fallu prendre le métro pour pouvoir affirmer pleinement que je sais me diriger dans Manhattan… en effet, à part prendre le taxi, nous n’avons pas eu l’occasion d’essayer le métro, ce sera pour la prochaine fois ! Avoir une voiture à New-York est du domaine de l’impensable : impossible de se garer nulle-part, à part dans les endroits ou un panneau indique que le parking est autorisé ! Pas de panneau ne signifie pas qu’il n’y a pas de restrictions pour le stationnement : là-bas c’est le contraire ! C’est quand une signalisation l’autorise qu’il est possible de se garer, moyennant finances bien entendu! Un parking pour sa voiture? Entre 250 et 400 $US!!! Presque l’équivalent d’un loyer pour un quatre et demi dans Ahuntsic à Montréal! Un peu cher…

New York est une ville fascinante certes… mais c’est aussi une ville qui m’est apparue inaccessible comme je l’ai dit dans mes premières impressions du Apple Store… Tout y est hors de prix, réservé aux stars du cinéma ou aux hommes et femmes d’affaire. Notre repas de dimanche nous a coûté 30 $US, pour un paquet de chips, un sandwich au poulet grillé et un Coke au distributeur… 30 €! 200 balles!! Pas mauvais d’accord… mais quand-même… je n’en revenais pas et notre porte-feuille non plus. Je ne vais pas parler de l’immobilier ce n’est pas nécessaire et ce n’est pas un secret ni un scoop… Les péages! Eh oui, je l’ignorais, mais l’entrée dans Manhattan passe par un péage, comme le centre-ville de Londres! Heureusement, l’air et l’appréciation visuelle des gratte-ciel ne sont pas encore payants… mais on pourrait imaginer un prix fixe de 1$ pour 50 gratte-ciel regardés! Sachant qu’il y en a plus de 5000 dans New-York, Bloomberg devrait y réfléchir! Je plaisante…

Lors de notre ballade dans Central-park, on s’est pris à rêver… et si on habitait à New-York dans quelques années??? Puis, plus notre court séjour avançait, plus je me disais qu’entre vivre et travailler à Montréal et vivre et travailler à New-York, je choisirais Montréal. Pour la qualité de vie, pour ne pas revivre le besoin pressant de quitter la ville en fin de semaine pour aller “se ressourcer à la campagne”, pour avoir le droit de posséder une voiture et de m’en servir même si c’est bassement matériel, pour pouvoir profiter du temps libre que je passerais au bureau si je travaillais à New-York, pour continuer à vivre avec des valeurs telles que la courtoisie, la politesse et la spontanéité dont font preuve les québécois, pour ne pas vivre sous un gouvernement Bush même si on dit parfois que New-York est le 21ème arrondissement de Paris et que les Newyorkais sont en grande majorité démocrates… liste non exhaustive des défauts que l’on peut trouver à cette ville qui n’en reste pas moins fascinante! Je n’ai d’ailleurs qu’une seule envie : y retourner bien sûr, quand le porte-feuille commun se sera remis du sandwich au poulet grillé de Chinatown!

Nous sommes revenus de cette fin de semaine avec des souvenirs plein la tête, mais aussi “plein la carte mémoire” : notre appareil photo ne pouvait plus faire une seule photo!
Vous trouverez en rubrique Cartes Postales nos photos de New-York et en rubrique Vidéos une vidéo de New-York. Bon voyage !

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