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Un couple de Français à Montréal, Québec, Canada
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Le tout premier hiver d’un Français au Québec

Christophe | 28 novembre 2005 | 23:27:53

12 août: Nous venons d’aménager dans notre nouvelle maison à Québec. C’est tres beau ici. Les montagnes sont si majestueuses. J’ai très hâte de les voir recouvertes de neige.

14 octobre: Québec est le plus bel endroit au monde. Les feuilles des arbres ont pris toute les teintes possibles de rouge et d’orange. Nous sommes allés nous promener en montagne et nous avons vu des chevreuils. Quelles créatures gracieuses! Ce sont certainement les plus beaux animaux de la création. Cet endroit est un paradis. Je l’adore!

4 novembre: La saison de la chasse au chevreuil commence bientôt. Je ne peux pas croire qu’on puisse en vouloir à un si bel animal. J’espêre qu’il neigera bientôt. J’aime tellement le Québec.

12 décembre: Il a neigé hier soir. Nous nous sommes réveillés ce matin pour découvrir que tout était devenu blanc. On dirait une carte postale. Nous sommes sortis et nous avons déneigé les marches de l’entrée. Nous avons fait un combat de boules de neige (j’ai gagné) et quand la charrue est passé nous avons dû déneiger l’entrée à nouveau. Quel bel endroit. J’adore le Québec.

18 décembre: Encore de la neige hier soir. C’est merveilleux! la charrue nous a encore fait sa petite farce dans l’entrée. J’aime tellement le Québec.

19 décembre: Encore de la neige hier soir. Je n’ai pas pu sortir de ma cour pour aller travailler. Je suis épuisé de pelleter. Crisse de charrue.

21 décembre: Il est encore tombé de la marde blanche hier soir. J’ai des ampoules plein les mains à force de pelleter. Je crois que le gars de la charrue se cache au coin de la rue et attend que j’aie fini de pelleter. Le calisse de chien…

25 décembre: Joyeux sacrement de Noël! Encore de la tabarnac de neige. Si jamais je met la main sur le calisse de chien qui conduit la charrue, j’m'en va y faire faire un hostie de boutte sur les coudes. Je comprends pas pourquoi y mettent pas plus de calcium sur les routes pour faire fondre la crisse de glace.

27 décembre: Encore de la marde blanche hier soir. Ça fait trois jours qu’on est pas sortis sauf pour pelleter la tabarnac d’entrée à chaque fois que le calisse de sale passe avec son hostie de charrue. On peut pas aller nulle part, le char est pris dans une montagne de calvaire de marde blanche. Le gars de la météo dit qu’y va tomber encore 10 pouces à soir.

28 décembre: Le crisse d’innocent de la météo s’est trompé. On a eu 24 pouces de la calisse de marde blanche. Si ça continue comme ça ça sera pas fondu avant le mois d’août. La charrue est restée pris dans le banc de neige sur la route et l’hostie d’écoeurant qui la conduit est venu frapper chez nous pour demander s’il pouvait emprunter ma pelle! Après lui avoir dit que j’avais déjà passé au travers de six pelles pour pelleter toute la marde qu’il m’avait poussé dans l’entrée. J’y ai cassé la septième sur sa crisse de tête.

30 décembre: On a fini par sortir de la maison aujourd’hui. On est allé au magasin pour acheter de quoi manger et en revenant un calisse de chevreuil s’est braqué devant le char et je l’ai pogné. J’ai pour 5000$ de dommages. Crisse de chevreuils. Comment ça se fait que les hostie de chasseurs les ont pas tous tués au mois de novembre.

1 mai: J’ai emmené l’auto au garage en ville. Y’a toujours ben des crisses de limites. Le tabarnac de char est tout rouillé à cause de l’hostie de calcium qu’ils mettent partout sur les chemins.

30 mai: On a déménagé en Floride. J’peux pas comprendre qu’il y a du monde assez innocent pour vouloir vivre dans un crisse d’enfer comme le Québec.

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10 cm en pleine journée à Montréal

Christophe | 24 novembre 2005 | 23:48:34

Photo du quartier d'Atwater et du Mont Royal sous la neigeLa même photo que là, mais en pleine tempête de neige cette fois ! Eh oui vous l’avez compris, le fameux hiver québécois s’est finalement imposé aujourd’hui même, après quelques semaines d’hésitation nuageuses et pluvieuses… il était temps ! Oui c’est un bonheur de voir cette neige tomber et s’accumuler, surtout au tout début de l’hiver, quand les températures sont juste en dessous du zéro fatidique. Un bon -4°C dans les rues de Montréal, et la neige est d’une qualité surprenante, avant que les températures baissent vers les -15° et que ces beaux flocons se changent en “poudrerie” qui vole partout.

Photo du quartier Préfontaine de Montréal, sous la neige lui aussiCette photo là, je l’ai prise en revenant du Canadian Tire, non loin du quartier Joliette. Car oui, je n’avais pas prévu qu’en me levant ce matin, j’allais trouver quelques bons centimètres déjà bien décidés à tenir sur les routes ! L’hiver en voiture suppose des précautions inévitables que j’avais laissé trainer : les pneus neige. L’alerte de la première neige n’avait pas suffi, il a fallu que je repousse jusqu’à la dernière limite à savoir… aujourd’hui ! Je devais aller déposer la voiture demain matin (imaginez-moi à 7h30 frais et dispo devant l’entrée du Canadian Tire…), mais j’ai pu finalement aller la déposer ce soir. Avec toute la neige accumulée sur les routes depuis ce matin, je pensais ne jamais m’en sortir, mais circulation aidant, le trajet fut plus facile qu’espéré. Le chargement des pneus et des jantes dans la voiture avant d’aller au magasin fut une autre histoire !
Le retour à pied jusqu’au métro une fois la voiture déposée m’a permis de me souvenir pourquoi j’adorais l’hiver.

Et enfin, gardons les bonnes vieilles habitudes de Montrealamoi.com, et changeons ses couleurs pour l’occasion ! Avec la première tempête de neige montréalaise vient le nouvel habillage hivernal de votre site préféré et de son si exceptionnel blog. Si je suis courageux, vous aurez peut-être droit à une version printemps dans quelques mois… en attendant, pour ceux qui ne connaissaient pas ces couleurs, j’espère que la nouvelle peau de Montrealamoi.com vous plaira !

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Les émeutes en France par Jean-René Dufort (Infoman)

Christophe | 19 novembre 2005 | 01:07:35

Infoman est une émission hebdomadaire du vendredi soir à la télévision de Radio Canada, qui présente d’un ton humoristique l’actualité de la semaine au Québec et au Canada, mais aussi dans le reste du monde quand l’actualité internationale prévaut sur le reste. Jean-René Dufort, le “Superman de l’information” est un journaliste qui ne se prend pas au sérieux mais fait pourtant des reportages politisés et sérieux, même si ceux-ci prêtent beaucoup au rire !! C’est notamment lui, toujours dans Infoman, qui avait diffusé pour la première fois sur une télévision publique au Québec, le discours assez particulier de Michaelle Jean lors du souper parlementaire de la tribune de la presse à Gatineau. J’en parlais d’ailleurs dans une précédente note : Michaëlle Jean, Gouverneure Générale du Canada controversée.

Dans la vidéo ci-dessous, vous allez voir comment il traite le sujet des récentes émeutes en France dans Infoman. Sa joke dans le générique de fin en dit long sur sa façon de voir le problème de l’immigration et de l’intégration des étrangers en France… on dirait qu’il a tout compris des français et de leurs problèmes avec le terme “immigré”.

Plus d’infos sur Jean-René Dufort

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crise des banlieues, émeutes en france, Infoman, Jean René Dufort
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Chronique Immigrer.com : Une première chronique montréalaise

Christophe | 17 novembre 2005 | 21:53:22

Si vous faites partie des personnes qui souhaitent immigrer au Québec, vous devez sans doute connaître le site www.immigrer.com ainsi que son forum de discussion très utile ! En page d’accueil de ce site sont régulièrement publiées des chroniques écrites par des personnes ayant déjà immigré et qui souhaitent faire part de leur expérience. Et bien me voilà depuis le 16 Novembre, c’est à dire un an et demi jour pour jour après notre arrivée en Belle Province, chroniqueur pour le site immigrer.com !

Pour cette première chronique, j’ai choisi de présenter en quelques paragraphes ce qui a fait qu’aujourd’hui, nous sommes deux français à Montréal. Je vous invite à la ma première chronique ci dessous.

Une première chronique montréalaise

Bonjour à tous !

C’est un honneur pour moi de faire maintenant partie de la guilde des chroniqueurs d’Immigrer.com, dont chacun des parcours est différent. Je vais m’efforcer de vous faire part dans mes chroniques de ma façon de voir le Québec, mais pas seulement ! Une immigration en tant que résident permanent remet un tas de choses en question ou en perspective, et mes chroniques dévoileront ma pensée et son évolution envers ce monde qui a changé subitement à partir du 16 Mai 2004, date à laquelle j’ai posé mes valises emplies de joie et de doutes, accompagnée de ma blonde qui partage mon aventure. Voilà pour le fil conducteur, sujet à modifications sans préavis.

Ne brisons pas une tradition bien établie depuis qu’Immigrer.com et ses chroniques ont vu le jour : en guise de première chronique, je vais me présenter et raconter dans les moindres détails ce qui a fait qu’au jour de la publication prévue de cette chronique, cela fera exactement un an et demi que notre avion a atterri à l’aéroport Mirabel, encore en fonction à l’époque pour les vols touristiques.

Tout a commencé il y a presque 10 ans, je devais avoir 17 ans si mes souvenirs sont bons. Mon parrain, installé à Moncton au Nouveau-Brunswick, m’invite passer trois semaines en compagnie de sa petite famille pendant les vacances d’été. J’accepte évidemment avec plaisir ! Les grands espaces, les routes droites et immenses, les énormes trucks et les pick-up… on aurait dit les États-unis pour l’adolescent que j’étais. Mais avec déjà un léger avant-goût d’Amérique à la Française. Au bout d’une semaine, voila qu’il décide de me faire passer l’examen théorique du permis de conduire. Je me disais “à quoi bon, dans deux semaines je repars !” Mais il savait ce qu’il faisait. Une semaine plus tard, croyez-le où non, j’avais décroché la partie théorique ! Mon parrain m’a alors appris à conduire en deux jours, pour me laisser faire un aller-retour avec nuit comprise Moncton / Halifax, tout seul, avec sa voiture, lors de ma dernière semaine. Inconscience de sa part ou totale confiance en moi à l’époque, toujours est-il que j’en ai parlé pendant des mois lors de mon retour en France.

1999. Deux ans plus tard, on reprend les mêmes et on recommence. Me revoilà dans l’avion pour passer un autre séjour de trois semaines de l’autre côté de l’Atlantique. Cette fois-ci, mon avion a atterri à l’aéroport de Dorval, plus connu depuis un an sous le nom d’aéroport Pierre-Elliot Trudeau. Mon parrain habitait toujours à Moncton mais était de passage au Québec pendant quelques jours. J’ai donc mis les pieds à Montréal pour la première fois de ma vie à 19 ans. Ces quelques jours m’avaient permis de voir mes premiers condos, de visiter la tour penchée du stade olympique, et de faire mes premières sorties de nuit montréalaises, sans doute rue Saint-Laurent ou vers Crescent peut-être (j’étais bien incapable de le dire à l’époque !). Au moment où je me suis trouvé au sommet de la tour du stade olympique, il y a de fortes chances que mes yeux aient aperçus l’immeuble dans lequel j’allais habiter avec ma chère et tendre, quelques cinq années plus tard. Si j’avais su ! Nous sommes revenus à Moncton quelques jours plus tard, à l’époque en pleine préparation du Sommet de la Francophonie qui s’y déroulait. Deuxième avant-goût du français parlé en Amérique du Nord.

Les années passent. Je rencontre ma blonde actuelle pendant les études qui s’enchaînent et nous font peu à peu quitter le Nord de la France pour finir en région parisienne. Un CDI en poche tous les deux après un long stage, nous étions deux jeunes actifs pas spécialement à plaindre. l’idée d’immigrer un jour ne m’avait toujours pas quittée, mais c’est surtout ma blonde qui a alors pris les devants en entamant les procédures en vue d’obtenir le statut de résident permanent au Canada. C’est la que commence le marathon ! Réunions d’informations à la DGQ, paperasses en masse, recherche des anciens employeurs afin d’obtenir la preuve écrite qu’on a bien travaillé pour eux même pour un mois, recherche d’info et lectures tardives du forum d’Immigrer.com et de ses précieux conseils… et j’en passe ! Les démarches d’immigration ainsi que l’investissement financier que l’immigration représente font partie du premier filtre de sélection. Jusqu’au jour où… la fameuse lettre brune arrive : nous sommes tous les deux acceptés !!

À partir de là, les choses s’enchaînent très vite. Nous sommes en Septembre 2003, et nous décidons de partir en Mai 2004. Nul besoin de courir, il faut partir à point ! Nous nous faisons progressivement à l’idée que, ça y est, nous partons maintenant pour de bon ! Nos proches ont parfois plus de difficultés à l’intégrer où à l’accepter. Certains ne comprennent pas comment on peut décider de partir vers l’inconnu alors qu’on a un CDI en poche à Paris… Je donne ma démission à mon boss et à son adjointe qui sont littéralement blêmes pendant les quinze minutes de mon explication, mais ils comprennent rapidement et me félicitent de ce choix de vie. Nous déménageons de notre studio de la région parisienne pour aller vivre chez nos parents pour les deux dernières semaines.

J’ai gardé un souvenir excellent et en même temps amer de ces deux dernières semaines en compagnie de nos amis et de la famille. Des moments d’une intensité rares… mêlés à des adieux qu’on aurait voulu longs et cinématographiques, mais qui se retrouvent bâclés, précipités par le temps, et d’une tristesse sans nom. Les adieux aux grands-parents notamment, sans être certains qu’ils seront encore là pour notre premier retour touristique ou pour le deuxième, ou le troisième… Puis vient le matin du départ, le voyage jusqu’à Charles de Gaulle l’estomac noué comme jamais, l’envie d’échapper à cette dernière série d’adieux inéluctables et interminables… et l’avion décolle. La plupart des voyageurs reviennent de leurs deux semaines en France ou en Europe, d’autres partent passer un séjour à Montréal. Nous, nous avons un aller simple pour Montréal ! Au bout de quelques heures dans l’avion, après le premier repas, quand la tension est un peu retombée, on peut enfin se permettre de souffler un peu. On sait pourquoi on est dans cet avion, on l’a voulu, et on l’a fait ! Mais on ne sait pas ce qui nous attend une fois que l’avion aura atterri. On ne sait pas de quoi notre avenir sera fait dans trois jours, dans une semaine, dans un mois, dans six mois, dans un an. C’est là que les questions existentielles les plus fondamentales viennent vous envahir l’espace d’un instant. Quel immigrant, même le plus motivé soit-il, n’a-t-il pas vécu cette pseudo crise d’angoisse dans l’avion, qui lui fait se poser la fameuse question : ” Est-ce que je ne suis pas en train de faire une grosse connerie là ?” On a peur, et c’est bien normal ! On quitte tous nos repères, tous nos amis, nos familles, c’est un moment difficile. Enfin, l’angoisse laisse finalement sa place à l’excitation, à un sentiment indescriptible de curiosité joyeuse et effrayante, à mesure que Montréal s’approche sur la carte de l’écran de télévision. Au bout de 7 heures de vol, l’avion atterrit enfin, sous un soleil de plomb et 35 degrés.

Un immigrant ne va pas tout de suite récupérer ses valises. Il doit passer par le service d’Immigration de l’aéroport avant toutes choses ! Une fois les formalités remplies, les documents et les adresses administratives pleins les poches, les préposés nous disent tour à tour, avec un accent québécois délicieux, un “Bienvenue au Québec”, qui restera à jamais gravé dans nos mémoires.

Cela fait donc un an et demi que j’ai immigré à Montréal. Et ce ne sont pas seulement les paysages, les gens ou encore mes habitudes qui ont changé. J’ai changé moi aussi ! J’ai élargi mes horizons, j’ai appris à voir plus loin, à m’adapter à des situations que je croyais impossibles à affronter avant de partir, et j’ai plus de recul sur le monde qui m’entoure, sur mon pays d’origine, la France, qui traverse en ce moment une grave crise de société.
Ce n’est pas fini, et je ne sais d’ailleurs pas à l’heure actuelle s’il sera un jour question d’un autre aller-simple vers l’Est, même si je ne l’exclus pas, pour la bonne et simple raison qu’on ne sait jamais ce que la vie nous réserve. “La vie, c’est comme une boîte de chocolat… ”

A bientôt pour la suite !


Retrouvez cette chronique sur le site www.immigrer.com

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Premières neiges sur Montréal

Christophe | 16 novembre 2005 | 00:13:59

Premières neiges sur Montréal - Photo prise de la tour où je travaille Les services météo l’avaient prévus, et ils ne se sont pas trompés : Montréal a connu sa première véritable chute de neige dans la journée d’aujourd’hui le 15 Novembre ! A vrai dire, il avait déjà neigeotté la semaine dernière mais les flocons fondaient dès qu’ils touchaient le sol. Cette-fois ci, nous avons eu de la vraie neige du Québec ! Quelques centimètres se sont accumulés sur les trottoirs et les toits des immeubles. Ce retour de l’hiver est un véritable plaisir ! Je souriais malgré moi à la vue de ces flocons qui tombaient délicatement… un retour en enfance de quelques minutes, et le plaisir d’être ici aussi pour ça : la découverte des vraies saisons qui se succèdent et qui ont chacunes leurs spécificités, leurs avantages et leurs inconvénients.

Premières neiges sur Montréal - Photo prise de la tour où je travailleA droite sur cette photo, les quelques centimètres de neige restants en fin de journée qui se sont accumulés sur les routes peu pratiquées. Et oui, qui dit neige et hiver à Montréal dit achat de pneus d’hiver pour les heureux possesseurs de voiture que nous sommes depuis peu. Les pneus, c’est fait, restent les jantes et le montage pour la fin du mois, juste avant le début des véritables tempêtes que je préssens pour bientôt ! L’année dernière, nous avions vécu notre première tempête de neige montréalaise le 10 Décembre. Cette année, je penche pour la fin du mois de novembre, quelque chose comme le 26 ou le 27 !
Les paris sont ouverts !

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Montréal - Paris vus d’ici

Isabelle | 12 novembre 2005 | 15:24:52

Voici un court article de la Presse d’aujourd’hui qui résume assez bien mon opinion. Je vous laisse le lire et nous faire part de vos impressions. Mes excuxes à Mme Elkouri pour ne pas avoir demandé d’autorisation de reproduction, l’article n’était pas disponible sur lapresse.ca.

Paris et Montréal, même combat?- Elkouri, Rima
La Presse - Nouvelles générales, samedi 12 novembre 2005, p. A9 - La vie, la ville


Ces images stupéfiantes, bien que prévisibles, de banlieues françaises qui brûlent ont eu le mérite de sonner l’alarme dans bien des villes du monde. Certains ont même établi des parallèles avec Montréal. Car n’avons-nous pas ici aussi nos enfants de l’immigration marginalisés - notre propre “racaille” maison, diraient certains-, sans repères ni horizon? N’avons-nous pas nos problèmes de gangs de rue, nos quartiers “sensibles”, nos écoles où les profs font l’école buissonnière parce qu’ils ont peur de se faire agresser?

C’est vrai, quand on se risque à scruter l’endos de la jolie carte postale montréalaise, on voit tout ça. On voit les fissures dans l’apparente harmonie qui fait la fierté de la ville. On voit les taux de chômage injustifiés dans certaines communautés. La différence fondamentale, à mon sens, c’est que nous avons aussi à la base un outil que la France n’a pas: une politique d’intégration. Une politique qui est loin d’être parfaite, on s’entend. Mais tout de même un début de réflexion sur le sujet. Un état des lieux. Les bases d’un plan d’intervention. Quelques mesures d’accès à l’égalité. Voilà qui sera toujours plus pertinent que cette grande hypocrisie républicaine qui, d’un côté, dit aux enfants de l’immigration: “Vous êtes tous égaux, vous êtes tous Français” alors que, de l’autre, on les traite comme de la racaille.

En France, on n’a même pas de données statistiques sur les popu-lations immigrantes. Combien sont-elles, comment vivent-elles, dans quelles conditions socio-économiques? Quelles sont leurs chances d’obtenir un emploi? Serait-il pertinent d’instaurer des politiques de discrimination positive? On n’en sait rien, parce que les statistiques ne font pas la distinction entre un Mohamed né de parents ouvriers en banlieue de Paris et un Didier du 16e arrondissement. Ce sont des Français, un point c’est tout, se dit-on dans une forme d’aveuglement volontaire dont on voit les conséquences aujourd’hui. Finalement, les images de cette France tiers-mondisée qui explose en disent plus long que n’importe quel rapport statistique sur le sujet.

Et puis, contrairement au Québec, la France traîne évidemment un passé de pays colonisateur qui finit toujours par teinter ses rapports avec les populations immigrantes issues de ses ex-colonies. N’est-il pas ironique en ce sens qu’on ait dépoussiéré cette semaine une loi exceptionnelle datant de la guerre d’Algérie pour tenter de maîtriser la crise des banlieues? N’est-ce pas une façon de dire à tous ces petits-fils d’immigrés qu’ils ne seront jamais vraiment français? “Dans ce pays, un bougnoule restera un bougnoule”, résumait un résidant d’une banlieue parisienne dans une entrevue au Monde.

Autre différence importante entre Montréal et Paris: sur le plan architectural, Montréal est peut-être d’une laideur incroyable comparé à Paris, mais il a quand même eu l’avantage d’échapper à cette dangereuse mode urbanistique de l’après-guerre qui consistait à construire des vastes complexes de logements sociaux en périphérie de la ville. Il s’agissait à l’époque de régler rapidement un problème de pénurie de logements. Les intentions étaient sans doute bonnes. Comme l’expliquait dans nos pages cette semaine Raphaël Fischler, de l’École d’urbanisme de l’Université McGill, on rêvait alors de soidisant “Cités radieuses”, où d’après Le Corbusier, “la ville traditionnelle devait faire place à un immense parc dans lequel se dressent des gratte-ciel majestueux et de hauts immeubles d’habitation offrant à chacun l’espace, l’équipement, l’ensoleillement et la verdure nécessaires”. Dans les faits, ces endroits sont devenus des ghettos pas radieux du tout où les jeunes se sentent emprisonnés et où les policiers n’osent parfois même plus s’aventurer.

Ici, les Habitations Jeanne-Mance, boulevard de Maisonneuve Est, constituent heureusement le seul vestige de cette mode des années 50 à laquelle Jean Drapeau a toujours résisté. Montréal a beau avoir ses poches de pauvreté, nulle part ne peut-on vraiment parler de ghettos comme on en trouve en France. La mixité sociale y est moins souvent une utopie.

Paris et Montréal, même combat? Non, pas vraiment. La politique d’intégration ici n’est pas la même (pour peu qu’on considère que la France en ait une). L’histoire de l’immigration n’y est pas la même. La façon dont la ville et les banlieues s’articulent n’est pas la même. Les mentalités ne sont pas les mêmes…

Cela dit, plutôt que de nous conforter dans notre chance, plus conjoncturelle qu’autre chose, ou plutôt encore que d’éveiller des réflexes de repli, cette crise française devrait tout de même servir d’avertissement. Il suffit parfois de peu pour que tout dérape.

Au lieu de se contenter de regarder avec effroi ces images de voitures incendiées, il serait utile de scruter les causes de cette terrible vague de violence urbaine. Non pas pour l’excuser ou la rendre moins condamnable - de toute façon, on voit bien qu’en mettant le feu à leurs propres quartiers, leurs propres écoles, leurs propres gymnases, les jeunes émeutiers, dans leur élan auto-destructeur, se condamnent d’abord eux-mêmes. Mais simplement pour se rappeler qu’il ne suffit pas de mettre un couvercle sur la marmite pour éviter les débordements.
———————————

Je vous invite également à lire l’article de Pierre Foglia “La sous France“, si le point de vue Québécois sur les émeutes en France vous intéresse.

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CNN, la honte…

Christophe | | 01:02:51

La France vue par CNN... une honte !

Voici sur cette capture d’écran comment CNN voit la France et situe la plupart de ses grandes villes sur son territoire… Non vous ne rêvez pas: ma ville natale, Lille, a déménagé dans le Pas de Calais, Lyon se retrouve aux environs de Clermont, et Paris a seulement bougé de 200 kilomètres vers l’Est. Et enfin, un scoop : profitant des récentes émeutes qui monopolisent l’attention des média français et européens, dans la confusion générale la France a annexé deux de ses pays voisins. Ce qui explique que Strasbourg se situe désormais dans l’ancienne Allemagne, et que Toulouse se trouve maintenant dans le territoire anciennement appelé la Suisse.
Si l’on en croit la capture, les journalistes de CNN ont apparemment utilisé le logiciel Google Earth, qui est lui parfaitement capable de situer correctement les villes de France et du monde entier ainsi que d’afficher les contours des pays… alors comment ce montage grossier a pu être diffusé sur CNN, par des journalistes sensés être crédibles, je ne me l’explique toujours pas. Mieux vaut en rire !

Google Earth peut afficher les contours des pays... CNN n'a aucune excuse !

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