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Un couple de Français à Montréal, Québec, Canada
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Chronique Immigrer.com - L’anglais au travail

Christophe | 27 janvier 2006 | 00:30:43

Je vais aborder un sujet assez vaste, qui inquiète bon nombre d’immigrants francophones quand ils viennent s’installer au Québec ou au Canada : l’anglais au travail. Nous allons nous concentrer sur la province du Canada que je connais le mieux, à savoir le Québec, puisque j’y vis depuis bientôt deux ans, déjà !
Certains d’entre-vous le savent déjà : cela fait maintenant un an et demi que je travaille dans une entreprise anglophone à Montréal. Cas rare pensez-vous ? Pas tant que ça, bien au contraire… à Montréal en tout cas. Le problème est presqu’éliminé d’office à Québec par exemple. Comment ça s’est passé pour moi au début, comment se passe mon quotidien en anglais, “vais-je réussir à trouver du travail si mon niveau d’anglais n’est pas fameux”… autant de questions auxquelles je vais essayer de répondre au travers de cette chronique !

En arrivant ici, je me croyais un peu linguistiquement parlant en terrain conquis. Mais on apprend en seulement quelques heures que le québécois, c’est du québécois justement. Même si je savais que je pourrais très bien travailler dans une entreprise anglophone, je pensais vraiment que les chances étaient minimes, donc je ne me stressais pas plus que ça. Puis est venu le temps des premières entrevues. Quand le compte en banque passe dans la zone rouge définie à l’avance : c’est vraiment le temps de se trouver de la job. Envois de CV en masse, pluie de coups de téléphone aux mêmes destinataires des CV, et… première entrevue ! Allez ça va marcher, je vais lui dire ça, et s’il “switch” en anglais, ça devrait aller, on m’a dit que ça ne durait que deux minutes juste pour tester ton niveau… les doigts dans le nez ; j’ai de bons restes de mes années lycée avec anglais renforcé, et cerise sur le Sunday, ma grand-mère qui était professeur d’anglais a toujours essayé d’entretenir mon anglais, elle le fait encore maintenant d’ailleurs. J’étais fin prêt pensais-je. Sauf qu’il a effectivement switché le bonhomme. Je suis donc sorti de l’entrevue en sachant pertinemment que je ne devais pas attendre un appel téléphonique enjoué dans les jours qui venaient. Ce premier contact avec le milieu du travail anglophone a donc été une jolie baffe dans la face, le genre de celle qui laisse des traces sur les joues !

Puis, après de nombreuses péripéties dont un passage obligé dans un club de recherche d’emploi, j’ai eu de la chance. C’est mon employeur actuel qui m’a appelé fin Août 2004… et c’était mon deuxième contact avec le milieu anglophone de Montréal. La personne m’appelle et demande en anglais si je parle anglais, et si je peux lui faire parvenir mon CV en anglais (elle dispose alors de mon CV français, merci Monster.ca). Pas de problèmes, je vous envoie ça ce soir !!! Branle-bas de combat, je me mets à la traduction de mon CV, je lui envoie, et le téléphone sonne à nouveau le lendemain ou le soir même je ne sais plus, pour m’annoncer que j’ai une entrevue le lendemain à 14 heures. L’entrevue s’est déroulée entièrement en anglais, j’ai fait de mon mieux, en essayant aussi de mettre en valeur mes compétences au lieu de me concentrer uniquement sur mon anglais parlé. Bref, miracle ou pas, j’ai eu le poste la semaine d’après, et je l’occupe toujours (je cherche ailleurs mais c’est une autre histoire).

Mes débuts dans l’entreprise ont été particulièrement difficiles. Horaires absolument démentiels, une “warning letter” en moins de 4 mois, ma boss qui ne comprenait jamais ce que je voulais dire obligeant mes collègues à lui reformuler sans cesse mes phrases… bref, c’était pas vraiment rose. J’ai compris plus tard que ma boss ne voulait délibérément pas comprendre ce que je disais en réalité… whatever. Moi, je rentrais le soir lessivé, même les jours où mes horaires étaient normaux. J’ai compris avec le temps qu’en fait, c’était ma concentration permanente pour ne pas rater un seul mot de mes interlocuteurs qui me fatiguait énormément. Aujourd’hui, quand je passe la porte du bureau chaque matin, moi aussi je bascule en anglais en un instant, je ne me pose même plus la question. Même un coup de téléphone avec un américain ou un canadien anglophone à l’élocution très rapide ne m’effraie plus : l’essentiel est de comprendre les grandes lignes, de savoir exactement de quoi on parle ; c’est inutile de chercher à comprendre tous les mots, on finit par perdre le fil de la conversation. Quant à mes collègues, je les comprends tous sauf un qui a une fâcheuse tendance à mâcher ses mots et parler tout bas quand il me raconte sa fin de semaine ou une anecdote quelconque… mais je travaille régulièrement avec lui sans aucun problème de compréhension.

J’ai aussi constaté, au moment où mon anglais s’était plus ou moins stabilisé au bout de quelques mois, que mes collègues commençaient peu à peu à me parler en français. Je me suis alors aperçu que la plupart des personnes avec qui je travaillais quotidiennement, parlaient un français plus qu’acceptable. Eh oui, je l’ignorais, tout simplement ! Aujourd’hui même, dans la pièce du bureau où je travaille en compagnie de mes trois collègues “IT”, quand une question est posée en français, je sais tout de suite qu’elle m’est destinée. Très pratique d’un point de vue communication étant donné que mes collègues sont derrière moi. Je leur ai déjà demandé pourquoi ils me parlaient en français et continuaient à se parler entre eux en anglais. Je pensais qu’ils préféraient me parler en français pour faciliter les choses, sous-entendu que mon anglais n’était pas terrible… Rien à voir. Ils me parlent en français pour améliorer leur français, me demandent parfois de les aider pour des lettres à envoyer à une institution bancaire ou autres. Quand je leur pose une question en anglais, ils me répondent en anglais, et vice et versa. Même chose en français. Lors d’une réunion d’équipe par contre, l’anglais reprend tout logiquement sa place.

Il y a quelque chose d’autre qu’on apprend quand on travaille ici (et je crois que ceci ne s’applique pas seulement aux anglophones) : ici c’est “Yes or No”. Ne vous embourbez pas dans des explications ubuesques ou des tergiversations quelconques : il faut répondre le plus rapidement possible à la question posée. Exemples de questions auxquelles il faut répondre le plus vite possible en évitant toute tentative de dissertation : combien ça coûte ? Ça coûte tant. Est-ce que c’est réalisable ? Oui. Non à moins qu’on optimise tel processus. En entrevue aussi : à quel salaire prétendez vous ? Entre tant et tant. Aller droit au but, “straight to the point”. Si on vous pose d’autres questions ensuite, vous pouvez développer à votre guise… tant que votre réponse est rapidement éclairante (et éclairée) aux oreilles de votre interlocuteur.
Quand j’ai compris ça, moi qui étais habitué à dire 3 fois la même chose en le formulant différemment en bon français, ça m’a fait un choc ! Mais j’ai surfé sur la vague au début pour éviter de trop balbutier un anglais encore incertain quand mon interlocuteur n’attendait qu’un oui ou un non.

Est-ce que votre anglais va progresser si vous vous retrouvez dans une entreprise anglophone ? Oui, bien sûr. Au début vous aurez l’impression ne n’avoir jamais suivi un seul cours d’anglais de votre vie, et ce sera bien normal. Avec le temps, vous vous rendrez compte des progrès que vous faites quotidiennement. Puis quand une certaine habitude de travail s’installera, vous vous rendrez compte aussi qu’il y a des jours avec, et des jours sans… je m’explique. Il m’arrive encore aujourd’hui de chercher mes mots toute la journée, d’être parfois incapable de fournir une explication intelligible. Le lendemain par contre, vous vous surprendrez en plein meeting à vous lancer dans une suggestion de projet à l’équipe, qui tient parfaitement la route, sans jamais chercher vos mots. Ce soir là vous vous direz que vos progrès en anglais sont indéniables, après avoir pensé le soir précédent que votre cas était désespéré. Vous auriez même pu vous lancer dans une discussion politique avec vos collègues !

En cette période d’élections fédérales qui viennent juste de se terminer, je me demandais si pour une fois j’allais entendre parler de politique au travail. Force est de constater que la différence n’a pas été flagrante : on ne parle pas de politique à la job, on évite autant que possible sauf si la hiérarchie s’absente où là, quelques discussions parfois houleuses peuvent éventuellement partir, à l’heure où libéraux et conservateurs s’affrontent… mais elles restent très brèves et très ponctuelles. Il est même parfois stipulé dans le règlement de la compagnie qu’il est interdit de parler de politique. Je dirais presque que ça me manque un peu… refaire le monde autour du café de 10h00 faisait partie de mon lot quotidien en France, ici, t’oublies ça. Si tu veux parler politique et refaire le monde avec tes chums de la job, organise un cinq à sept !

Enfin, je terminerai par une anecdote personnelle qui m’a manifestement marqué puisque j’y pense encore aujourd’hui. C’était à mes débuts dans ma compagnie, pendant ces quelques jours du mois d’octobre 2004 où les températures étaient déjà basses pour un automne normal au Québec. Je demande machinalement en anglais à ma voisine de cigarette, au bas de ma tour, si ces températures sont normales pour un mois d’Octobre au Québec. Elle me répond que non, qu’il fait habituellement 10 degrés de plus à la même période, et s’ensuit alors une petite conversation entre nous. Étant donné la question que je lui avais posée, mon interlocutrice a vite compris que je ne venais pas d’ici et m’a donc demandé d’où je venais, depuis combien de temps, si je comptais rester longtemps, si j’étais résident permanent ou pas, bref les questions habituelles que beaucoup d’entre-nous connaissent comme moi. Elle a terminé la discussion en me disant que mon anglais était très correct et qu’elle ne m’aurait jamais pris pour un français si je ne lui avais dit d’où je venais… Ces paroles sincères de la part d’une anglophone de Montréal m’ont alors regonflé à bloc au moment où ma boss commençait à douter de mon anglais et me faisait douter de moi par la même occasion. Et toc.

En guise de conclusion et en quelques lignes, l’anglais est bien présent à Montréal et dans le milieu du travail montréalais, en tous cas plus qu’on ne le croit. Il est possible de trouver une job à Montréal sans parler un mot de la langue de Shakespeare, mais pour être honnête, c’est un beau défi qui laissera devant vous beaucoup de portes barrées. Vous rencontrerez beaucoup moins voire pas du tout ce problème à l’extérieur de Montréal, mais si vous songez vous installer à Montréal, pensez-y sérieusement, prenez des cours avant de venir ou ici par exemple. Dites-vous aussi que je n’ai jamais cru un instant travailler dans une compagnie anglophone, je pensais que mon anglais ne serait jamais suffisant, et c’est pourtant ce que je fais depuis un an et demi. Pour que les portes s’ouvrent, il vous faut un anglais fonctionnel, un anglais professionnel. Et si vous ne comprenez pas les jokes hebdomadaires de votre collègue, ce n’est pas grave, à partir du moment où vous êtes capables de travailler avec lui. C’est tout ce qu’on vous demandera ici. Ma candidature à certains postes a été refusée à cause de mon anglais, cela m’arrive encore maintenant au hasard d’une entrevue, et cela vous arrivera sans doute aussi ! L’important est de passer le cap, de se dire “Je suis capable”, et de vous lancer dans l’aventure. Le terme “bilingue” dans une offre d’emploi n’est ni plus ni moins qu’une façon pour l’employeur de faire un premier tri, ne vous y méprenez pas, vous avez des chances d’occuper le poste. Je ne m’estime pas bilingue, et je ne pense pas le devenir un jour, et pourtant… (cf dernière phrase du troisième paragraphe !). S’il est indiqué “connaissance de l’anglais”, foncez tête baissée.


Retrouvez cette chronique sur le site www.immigrer.com

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Elections Fédérales 2006, les Conservateurs au pouvoir

Christophe | 24 janvier 2006 | 09:27:14

Bon, ça y est, dans un peu plus de 24 heures, nous connaitrons le nom du nouveau premier ministre canadien, qui risque fort malheureusement d’être un certain Stephen Harper dont je vous parlais précédemment. Le parti conservateur caracole en tête des sondages en ce moment, sauf au Québec car heureusement, ici, c’est le Bloc ! Résultat des courses demain même heure même adresse.

Bon… ça y est. Gouvernement conservateur, minoritaire certes, mais conservateur quand-même.
Cinquante et un sièges pour les bloquistes, soit trois de moins qu’en 2004. Comment des québécois pur laine peuvent consciemment voter pour un type comme Harper ? Croient-ils vraiment que Stephen Harper va les représenter à la Chambre des Communes ?? Etait-ce un vote contestataire anti-libéral ou un vote conservateur réfléchi, prenant en compte le programme du parti ?
Bref j’ai encore des choses à découvrir ici, en voici la preuve s’il en fallait.

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Débat des Chefs et paradoxe québécois

Christophe | 11 janvier 2006 | 00:16:39

Logo Montrealamoi.com Le débat des chefs fait partie des rendez-vous officiels que politiques et médias fixent aux citoyens canadiens en période de campagne électorale fédérale, comme c’est le cas en ce moment et jusqu’au 23 Janvier, date des élections fédérales où les canadiens éliront leur nouveau premier ministre. Il y en a généralement deux, à plus ou moins un mois d’intervalle, où plus précisément quatre : le débat se fait en anglais le premier soir, et en français le lendemain soir, ou inversement. L’heureux élu sera donc le nouveau premier ministre du Canada et formera son gouvernement.

Il y a quelque chose qui me frappe dans ces débats, je vais essayer de le partager avec mes lecteurs.
J’ai donc regardé avec intérêt le débat d’hier en anglais, et celui de ce soir en français. Imaginez un canadien anglais de Colombie Britannique , et un canadien français du Québec devant leurs télévisions respectives hier soir et ce soir. Essayez d’imaginer la différence de point de vue que peuvent avoir vos deux personnages imaginaires face aux débats des chefs anglais et français qu’ils ont chacun suivi attentivement. Essayez d’imaginer votre canadien anglais de Vancouver en train de regarder le débat en français traduit en direct. Essayez d’imaginer ce qu’il peut ressentir quand il constate une fois de plus que ce débat en français a lieu en réalité pour l’unique raison que des irréductibles chialeux de francophones, habitant majoritairement au Québec soit à plus de 5000 kilomètres de chez lui, mais pourtant dans le même pays que lui, revendiquent leurs différences identitaire et culturelle. Vous devriez alors commencer à comprendre ce qu’on entend justement par différence culturelle ou encore “identité distincte”.
C’était assez ahurissant de voir lors des deux débats l’actuel premier ministre libéral Paul Martin et Stephen Harper du Parti Conservateur, tous les deux profondément agacés par les idées souverainistes de Gilles Duceppe du Bloc Québécois (qu’il défend même à Ottawa) crier leur amour pour le Québec alors même que celui-ci n’a pas même encore signé la Constitution Canadienne… En gros, dites-vous que le Québec fait chier le “Rest of Canada (le ROC) depuis des années avec ses volontés séparatistes, mais que le fédéral ne veut en aucun cas se séparer de lui et voir l’unité canadienne brisée.

Le débat en français de ce soir était donc pour moi la preuve vivante, je dirais même flagrante, que le Québec est… différent : il était diffusé partout au Canada, mais les candidats ne se sont adressés qu’aux québécois uniquement pendant toute la durée du débat ! Le quatrième thème du débat, l’unité nationale, a en fait été présent en toile de fond en permanence. Imaginez pour la comparaison que la culture, la société distincte formée par les habitants de… l’Auvergne, exigent en quelque sorte un débat national rien que pour eux, diffusé non pas sur France 3 au 19/20 régional mais au 20h30 national de David Pujadas sur France 2, après le journal normal ! C’est à peu près comme ça que je vois les choses.

J’espère que vous aurez compris, outre la présentation du débat des chefs dans ses grandes lignes, ma tentative d’explication du paradoxe que je ressens tous les jours depuis que ma compréhension des évènements ici au Québec a permis l’éclosion de ma conscience politique canadienne et… québécoise. Si vous avez compris, alors vous ne nous demanderez plus, lors de notre prochain retour en France, comment ça se passe pour nous, au Canada. Enfin si, en fait vous allez probablement faire la même erreur, mais vous allez vite vous corriger de vous-même en nous demandant plutôt comment ça se passe pour nous, “au Québec“.

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Option Canada, chaud débat !

Christophe | 9 janvier 2006 | 00:17:35

Option Canada est un organisme fédéral créé en 1995, quelques temps avant le référendum de 1995 au Québec, par le Conseil pour l’unité canadienne, afin de défendre le fédéralisme au Québec. (En quelques mots, le fédéralisme combat le souverainisme qui lui est un courant québécois en faveur de la séparation du Québec et du Canada.) Mon billet sur le référendum de 1995, suite à la diffusion sur la première chaine de Radio Canada du documentaire en deux parties intitulé “Point de Rupture“, avait déchaîné les passions à l’époque. Un des lecteurs, Jean-Philippe pour ne pas le nommer, évoquait dans ses commentaires cet aspect de la question autour du référendum, qui avait été littéralement et bien entendu volontairement éludée par les journalistes qui ont mis sur pied le documentaire.

Demain lundi, le livre de Normand Lester “Les secrets d’Option Canada” va sortir en librairie, à la veille du deuxième débat télévisé en français (celui en anglais ayant lieu le jour même, lundi soir) au cours duquel vont s’affronter les candidats aux élections fédérales le 23 Janvier 2006.

En Octobre 1995, peu de temps avant le référendum pour la souveraineté du Québec où le Non l’a finalement emporté de justesse, Option Canada est suspecté d’avoir financé illégalement, à hauteur de 4,8 millions de dollars, la campagne du non au Québec, en participant notamment au financement du fameux “love in à Montréal” où les Canadiens de toutes les provinces du Canada sont venues clamer leur amour pour le Québec à coup de “We love Québec” et de drapeaux canadiens. Le soir même au téléjournal, les médias québécois ainsi que les partisans du Oui se demandaient déjà d’ou avaient bien pu provenir ses fonds. La loi québécoise sur les consultations populaires prévoyait alors un maximum de dépenses de deux millions de dollars pour chacun des camps. La réponse sur la provenance de ces fonds et leur utilisation précise, maintenant que les informations ont enfin pu être obtenues par Normand Lester et son collègue Robin Philpot, auteur du livre Le référendum volé qui avait suscité en septembre 2005 un autre débat sur le financement de la campagne du Non, risque de tomber demain ou en tous cas cette semaine. On devrait donc enfin savoir si Option Canada peut être blâmé pour ses agissements, ce qui va ajouter encore plus de piment dans l’assiette déjà très épicée de Paul Martin l’actuel premier ministre libéral, en cette veille d’élections fédérales au Canada.

Gilles Duceppe, le candidat du Bloc Québécois, a déjà assuré dans une article de La Presse d’aujourd’hui qu’”Option Canada monopoliserait le débat”… ça promet d’être chaud, vivement mardi pour le deuxième débat des chefs en français !

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“Sous le soleil, exactement” - Paysages de Provence

Christophe | 5 janvier 2006 | 00:08:18

Paul Cézanne - Montagne Sainte Victoire (Exposition Nous rentrons d’une petite soirée bien sympathique au cours de laquelle nous nous sommes enfin décidés à visiter l’exposition Sous le soleil, Exactement - Le paysage en Provence, du classicisme à la modernité, qui se termine dans moins d’une semaine le 8 Janvier. Ahhhhh… ça fait du bien de revoir des paysages qui nous sont malgré tout familiers, même si nous ne sommes pas originaires du sud de la France. Comme la publicité à la télévision le laissait penser, il ne manquait plus que le chant des cigales ! Du classicisme à la modernité, en passant par le fauvisme et les débuts du cubisme, ce rapide tour d’horizon de la Provence en toiles et aquarelles n’aura pas laissé de marbre mes yeux et mes sens de néophyte.

Le seul bémol : c’était noir de monde, suffocant. Nous faisions partie des épais qui vont voir une expo 4 jours avant sa fermeture… donc nous nous sommes retrouvés en compagnie de très nombreux québécois et français retardataires qui, comme nous, se sont dit “Aye, faut se dépêcher d’aller voir l’expo avant le 8 Janvier !” Un cauchemar, des files d’attente à n’en plus finir (à l’extérieur par -6°C et une fois arrivé à l’intérieur), et… une autre file d’attente devant les toiles. Il y avait tellement de personnes par salles que la visite est d’elle-même devenue la continuité de la file d’attente précédent l’entrée de l’exposition. Heureusement, les cigales imaginaires étaient au rendez-vous pour nous faire oublier ce calvaire !

Pour les super retardataires ou pour plus d’infos, le site officiel de l’expo.

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Rencontre avec le corps médical québécois

Isabelle | 3 janvier 2006 | 16:00:50

Suite à je ne sais quel faux mouvement, ou peut-être les 3 heures de King Kong (qui marquent le début des perturbations), j’ai attrapé ce que je croyais être un torticolis. Étant donné que ma douleur dans le cou et l’épaule perdure depuis la mi-décembre, j’ai décidé de franchir une nouvelle étape: aller chez le médecin.

On en a entendu des vertes et des pas mûres sur le système de santé québécois … les heures d’agonie aux urgences, les années d’attente pour une opération… Le récit de s’être première expérience donnera un aperçu des différences et similitudes avec les système de la mère patrie.

J’ai donc suivi respectueusement la procédure: en premier lieu, se rendre au CLSC dont je dépends. J’entre mon code postal et trouve l’adresse. Une petite demi-heure de marche et me voilà. La réceptionniste m’explique que sans rendez-vous je ne peux voir de médecin puisque je n’ai pas encore de médecin de famille. Parfait. Elle me donne donc l’adresse d’une clinique privée qui me prendra sans rendez-vous dans la journée. Je demande au passage un rendez-vous avec un médecin du CLSC pour établir notre dossier et nous voir attribuer notre médecin de famille. Pas de problème. Enfin nous ne sommes ouvert que dans la journée… ah…le premier rendez-vous disponible est pour le… 4 Avril! Heureusement pour moi, je ne suis pas à l’agonie… On va laisser faire.

Re-30 minutes plus tard me voici dans la clinique sur Mont-Royal. Je donne ma carte Soleil, on me constitue un dossier, pas un mot de plus, je vais dans la salle d’attente. 20 minutes plus tard, 5 patients plus tard (j’en déduis que le rythme de consultation est très court), mon nom est appelé. J’entre dans le cabinet le docteur me demande ce que j’ai avant de répondre à mon bonjour… Je lui explique, elle me demande de m’asseoir. Elle appuie comme une folle là ou j’ai mal et me dit “ah oui vous avez mal”… bien vu! L’examen est terminé, on me demande mes allergies, je cite fièrement les céphalosporines… je crains un instant que le terme ne soit pas international mais heureusement cela fait du sens pour elle. Elle me prescrit donc sur une magnifique ordonnance (une sorte de post-it blanc de format carte postale) des cachets. Merci au revoir. Si vous avez encore mal dans 8 jours repassez me voir.
Remarquez que je quitte les lieux sans avoir à débourser un cent. Ce n’est pas un remboursement mais une prise en charge dès la consultation, plus pratique!

Le hasard - ou l’opportunisme - veut qu’il y ait une pharmacie au pied de l’édifice. J’entre dans le Jean Coutu donne mon ordonnance, mon post-it, ouvre mon dossier avec ma carte d’assurance privée (la mutuelle) et patiente. La préparatrice - qui porte bien son nom - m’apporte une petite fiole en plastique (ce que nous utilisons chez nous pour le prélèvement d’urines) contenant mes pilules. Pourquoi avoir une boîte complète après tout? 7 jours à 2 comprimés par jour = 14 comprimés. Si vous avez encore mal ensuite revenez nous voir. Le pharmacien - ou plutôt l’étudiant en pharmacie - vient m’expliquer le médicament, le risque de maux d’estomac et merci au revoir.

Je trouve le système intéressant, même si c’est un peu étrange de ne pas avoir de notice ou autre information sur le médicament. Il y a le nom sur un autocollant et voilà. Je règle 6$ (environ 25 FF), je demande si une partie est prise en charge, et oui le médicament coûte normalement 18$ (80 FF).

Nous verrons mais en tous cas je suis désormais en bonne route pour la guérison. L’expérience fût intéressante, j’espère ne pas avoir à côtoyer le système pour des choses plus sérieuses! En parallèle, je m’auto prescrit les chocolats que Pierrot vient de nous envoyer, quoi de mieux pour le réconfort? :)

Terminons par un bel hommage de Mes Aïeux à la médecine ” Le remède miracle ” – qui n’est pas sans rappeler Gaston Ouvrard :

M’en revenant de su’ l’docteur Brochu
Avec ma liste de maladies d’ins mains
J’ai rencontré mon ami Jean Coutu
Y m’a dit viens faire un tour
Dans mon beau magasin

Du Robaxacet pour mon mal de dos
Du Robaxacet pour mon mal de dos
Du Robitussin pour mon rhume de cerveau

Une pilule
Une p’tite granule
Une crèm’
Une pomade
Y’a rien de mieux mon vieux,
Si tu te sens malade
Une pilule
Une p’tite granule
Une infusion
Une injection
Y’a rien de mieux fiston
Pour te r’mett’ su’ l’piton

De la nicorett’ parc’que j’fume ben trop
De la nicorett’ parc’que j’fume ben trop
Avec tout ca dans l’corps
Je mourrais pas d’si tôt

Une pilule
Une p’tite granule
Une crèm’
Une pomade
Y’a rien de mieux mon vieux,
Si tu te sens malade
Une pilule
Une p’tite granule
Une infusion
Une injection
Y’a rien de mieux fiston
Pour te r’mett’ su’ l’piton

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