Les vacances de la vache
Christophe | 30 janvier 2008 | 19:06:22
Je l’emmène avec nous. Avec un peu de chance, elle verra la tour Eiffel.
À bientôt!

Je l’emmène avec nous. Avec un peu de chance, elle verra la tour Eiffel.
À bientôt!
Vu ici. Un très bon texte de Stéphane Laporte, particulièrement d’actualité d’ailleurs, et que je ne trouve pas plus caricatural ni exagéré que ça finalement. La conclusion est un peu dure merci. Mais… anyway, lisez.
Deux clientes entrent dans une boutique du centre-ville de Montréal. La première s’extasie devant un chandail : Wow ! Son amie la rejoint : Cool !
La vendeuse intervient :
– Can I help you ?
–Yes, I want…
Son amie l’interrompt :
– Qu’est-ce que tu fais là ? On est au Québec, icitte ! Fais-toé servir dans ta langue !
–T’as raison, man ! Do you speak French ?
–No, sorry!
– Ah ben ça, c’est l’boutte ! Bill 101, ring a bell ? ‘stie ! Je veux être servie dans ma bouche !
– Dans ta langue, Manon !
– C’est vrai, on n’est pas au restaurant ! Dans ma langue ! In my tongue !
La vendeuse hausse les épaules :
– I don’t understand !
– Ben c’est ça, le problème, avec vous autres, vous ne nous comprenez pas ! Mais on est la majorité. C’est un manque de respect pour notre gang ! Savez-vous c’est quoi le respect, madame ? R-E-S-P-E-C-T ! Même Aretha Franklin est capable de l’épeler en français !
– Avec un accent, par exemple…
– Ça, c’est pas grave, au moins elle se force. Forcez-vous ! C’est tout ce qu’on vous demande, de vous forcer un peu. Vous connaissez sûrement quelques mots en français : déjà-vu, soufflé, oh la la, voulez-vous coucher avec moi ?
– Sorry !
–Sorry, sorry, on est tannés que vous soyez sorry. Vous, vous pensez que c’est niaiseux, mais si on ne se fait pas respecter, on va disparaître ! Moi, j’veux maigrir mais j’veux pas disparaître ! Capitche ?
–I don’t understand !
– Manon, passe-moi ton phone, j’appelle les nouvelles !
– Attends ! Avant, je veux voir la boss. Miss, je veux voir la boss ! I want to see the bump !
–I don’t understand…
– Ah ben là, shit, ça va faire ! J’me force pour parler sa langue pis a m’understande pas encore ! On sacre notre camp d’icitte ! Vous aurez pas notre cash ! C’est fini ce temps-là ! On n’est plus des bouffons, on est le Cirque du Soleil, astheure !
Les deux copines sortent du magasin, fières d’elles. Deux vitrines plus loin, elles voient le même chandail, elles s’empressent d’entrer. Le vendeur les accueille :
– Hello !
– Bonjour, do you speak French ?
–Yes, I speak French !
–Boonnn ! Enfin quelqu’un qui parle français ! Je veux le top midnight blue dans le small.
– OK.
Le vendeur va chercher le chandail bleu nuit, taille petite, et le met dans une boîte. Puis il pitonne sur la caisse enregistreuse. Manon est ravie, et se retourne vers son amie :
– Non, mais c’est-tu le fun de se faire servir en français ?
– Mets-en, ma chum !
Elle donne 50 $ au vendeur. L’amie est prête à s’en aller :
– Qu’est-ce qu’on fait tonight ? On va-tu voir Across the Universe ou P.S. I Love You ?
–Relaxe ! J’attends mon change.
Le vendeur lui remet sa monnaie.
– Merci ! Pis félicitations pour votre français !
Elles sortent du magasin.
– Moi, un anglais qui se force à parler notre langue, ça m’émotionne tellement, un peu plus je l’aurais frenché !
–Calm down Manon, take it easy !
Pendant ce temps, le patron de la boutique vient voir son employé et lui dit qu’il ne savait pas qu’il parlait français. L’employé lui répond : “You don’t have to speak French to understand the Québécois, you just have to pretend to do so.”
Un top midnight blue dans le small, c’est pas difficile à comprendre, même pour un Anglais de Westmount. Un submarine avec des chicken wings non plus.
Le vendeur n’a fait qu’appliquer à ses clientes la méthode Harper : avoir l’air de satisfaire les Québécois, tout en ne changeant absolument rien. Bravo pour votre belle nation ! De toute façon, dans le français des Québécois, il y a au moins 51 % d’anglais, ce n’est qu’une question de temps avant que les anglophones unilingues nous comprennent à 100 %.
Pour nous, le carrefour à quatre panneaux “arrêt” est d’une banalité affligeante. On le trouve principalement en banlieue, et en très grand nombre. Limite chiant. Moi-même conducteur, j’avoue qu’au début je ne savais pas très bien comment les gérer, mais je m’y suis fait très rapidement. J’ai compris sur un tard pourquoi les voitures à boites automatiques pognaient pas mal en Amérique du Nord, rien qu’à cause d’eux… Le principe est simple: premier arrivé, premier reparti, une simple question de bon sens, de logique et de courtoisie.
Voilà que Jean-Pierre Pernaut, le célèbre présentateur du Journal de 13 heures de TF1, un JT aux accents particulièrement régionaux, parle de l’un de ceux-ci, un carrefour à quatre panneaux stop qui laisse les Français de Dommartin assez perplexes.
Vous vous demandiez tous où elle était passée… rassurez-vous, elle est entre de bonnes mains. Et elle est toute propre. Voici donc notre nouvelle locataire, depuis le yulblog du 9 janvier dernier. Merci à Debbie pour le relais.

On a beaucoup parlé de “Status Competition“, une application FaceBook assez addictive, à tel point que la vache yulblog était vachement intriguée. Elle a tenu absolument à ce que je lui fasse découvrir cette application. C’est chose faite. Elle m’a fait savoir que je n’avais plus aucune chance de battre Jerôme qui avait atteint le plateau des 800 points. Merci la vache pour cette information pertinente.

Pour se remettre de ses émotions, la yulblog cow est allée se reposer en bonne compagnie, tout en réfléchissant à une stratégie sur Status Competition. Elle ne m’a pas partagé son plan d’action, je l’attends encore.

En bon Français, et pour partager mes racines avec mon invitée du mois, j’ai installé la vache devant le JT de France 2. Elle a failli craquer après seulement trois minutes de l’interview de Ségolène Royal. Je lui ai dit qu’il fallait qu’elle résiste, et mon invitée a finalement surmonté cette épreuve douloureuse sans trop se plaindre. Elle a beaucoup apprécié le traitement de l’information internationale, lui trouvant bien plus de profondeur qu’au Téléjournal d’ici.
À suivre…
Nombreux sont les immigrants fraîchement débarqués au Québec qui se demandent ce qu’est une “gratte”. Voici enfin ce mystère québécois éclairci sous vos yeux. Vous verrez une gratte se faufiler sur les trottoirs, afin de faciliter la tâche à sa (très) grande soeur la déneigeuse, suite à la troisième tempête de cet hiver, le 1er janvier. Et ne me demandez pas pourquoi ça s’appelle de même, moi là, ‘chu comme Jean là là Tremblay, je l’sais pô.
Vous ne connaissez pas Jean “là là” Tremblay? C’est sans doute parce que vous ne regardez pas Infoman, dont je vous avais déjà parlé fin 2005, pendant les émeutes en France.
Cette année, Jean-René Dufort nous a déniché une perle rare, une vraie. Non, ce n’est pas Stéphane Dion… Il s’agit bien de Jean Tremblay, maire de Saguenay. Il est vraiment drôle, mais il ne doit pas s’en rendre compte. Pour sa défense, les extraits présentés à Infoman datent un peu… mais quand-même.
Voici un “best-of” de Jean la la Tremblay en deux vidéos!
Au cours de 2007, vous avez été plus de 70,000 visiteurs, et vous avez vu plus de 200,000 pages. Cela représente 20,000 visiteurs en plus qu’au cours de l’année précédente.
En espérant continuer à partager mes écrits avec vous tous comme je le fais depuis l’ouverture de ce blogue en Mai 2004, je souhaite à tous les lecteurs fidèles, occasionnels et futurs de Montréal à moi une excellente année 2008!
Voici d’ailleurs une kitchissime carte de voeux de mon cru, j’espère que vous saurez reconnaitre les talents de graphiste de son auteur.
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