Evasion demandée au guichet 29
Christophe | 30 octobre 2004 | 01:43:19Bonjour amis lecteurs!
Vous avez été nombreux à nous réclamer des nouvelles ces derniers jours… en voici donc!
Pour ne rien vous cacher… pour moi en ce moment, ça ne va pas fort. Et c’est un euphémisme. Montréalamoi.com se voit aujourd’hui obligé de jouer le rôle de journal intime ; et dans un journal intime il me semble que les bonnes nouvelles sont rares, on y écrit généralement quand ça ne va pas bien.
Ma premiere réelle expérience en entreprise, c’est ici que je la vis, depuis deux petits mois seulement… eh bien j’en suis déjà à regretter amèrement mes 35 heures, mes congés payés, et le fainéantisme à la française tel qu’il est souvent perçu outre Atlantique. Pour vous situer dans le contexte, je viens à l’instant, il y a 10 minutes à peine, de fermer ma boite email du travail de peur de voir arriver trois nouveaux mails à traiter dans la plus extrême des urgences. Moi qui aime à manier les hyperboles et autres exagérations en tout genre, je n’exagère en rien mes propos. J’ai reçu à 23h57 ce que j’espère être mon dernier mail de ma journée de travail, et le téléphone a sonné, à la maison, dans la demi-heure qui a précédé ce mail… comme quoi je n’exgagère absolument pas. 23 heures et 57 minutes. Je n’en reviens toujours pas.
Je suis littéralement harcelé par mon travail, le rythme que je subis depuis plus d’un mois ne me permet plus de penser à autre chose qu’au travail ne serait-ce qu’un seul instant. Ma semaine de travail est plus que chargée, je rentre presque habituellement à la maison vers 11 heures du soir après une journée de 14 heures non-stop. Quant aux fins de semaine, elles sont du même acabit : pas un seul week-end tranquille depuis un mois. Et ce week-end, eh bien c’est dimanche que je vais devoir me rendre au travail, la semaine dernière c’était samedi…
Voila pourquoi vous nous réclamez des nouvelles sans aucun retour ; en ce qui me concerne, je n’ai même plus le temps d’en écrire pour vous garder informés de notre vie montréalaise ! Et puis… les nouvelles que nous vous faisons lire sont plus ou moins censées être bonnes, c’est comme si elles avaient l’obligation de vous rassurer sur notre sort dans la Belle Province… Le site auquel nombre d’entre vous sont très fidèles voire accrocs, n’a pas été imaginé pour vous annoncer de tristes nouvelles, mais en ce moment, le célèbre adage “Pas de nouvelles; bonnes nouvelles” ne tient plus debout…
J’essaye de m’accrocher du mieux que je peux, en me disant que cette folle période n’est que temporairement liée à la transition que traverse l’entreprise. Mais quand je vois le planning de novembre et les gros évenements sur lesquels je ne m’épancherai pas parce qu’ils sont peu intéressants pour vous, je me dis que je suis loin de voir le bout du tunnel… Ce n’est sûrement pas un hasard si mon dernier rêve, le seul peut-être dont je me souvienne depuis notre arrivée ici, se soit passé en France : j’ai rêvé qu’Isa et moi passions des vacances en France, en votre compagnie à tous… les retrouvailles furent chaleureuses, mais le réveil à 8h15 fut particulièrement brutal ce matin là, quel choc…
Demain c’est Halloween, partout en Amérique du Nord. Mon premier Halloween, je vais le passer chez moi, devant un ordinateur, à travailler pour avoir la chance sait-on jamais, de rester moins longtemps au travail Dimanche et ainsi profiter un tant soit peu de ma fin de semaine…
En un mot comme en mille : je travaille trop, je ne fais que ça même, et je n’ai pas vraiment l’impression d’être reconnu pour tous les efforts que je fournis, si ce n’est une rapide augmentation de mon salaire ce mois-ci qui ne compense en rien mon investissement personnel dans la réussite des projets de l’entreprise, et encore moins le surplus d’heures supplémentaires en plus que je fais chaque soir et chaque week-end. Je ne demande qu’une seule chose : avoir l’autorisation expresse de penser à autre chose qu’au travail pendant deux petits jours… mais même ça, que je considère peut-être à tort comme un dû, ne m’est pas accordé. Et refuser de venir travailler le week-end alors que la réponse logiquement attendue est bien entendu affirmative, n’est pas même envisageable : c’est impensable.
Encore quatre mois d’efforts. Mon contrat de six mois se termine fin février. Même si une augmentation conséquente m’est proposée, même si mes conditions et mes horaires de travail sont ajustés de façon raisonnable et garantis, et enfin même si une amélioration pour l’instant très peu propable de mes conditions de travail se profile dans les semaines à venir, je ne reconduirais pas ce contrat. Pour rien au monde. Je m’accroche, mais j’en arrive parfois à souhaiter faire délibérement une grosse faute professionnelle pour me faire licencier du jour au lendemain ; après tout je ne suis encore qu’en période d’essai jusque fin novembre… Bien entendu, j’en suis parfaitement incapable… mais si l’état actuel des choses s’aggrave (est-ce seulement possible ?), peut-être aurais-je naturellement la force de claquer la porte et d’aller voir ailleurs… au détriment de mon expérience professionnelle québecoise… La suite des évènements nous l’apprendra.
A part ça, nous avons fait aujourd’hui toutes les démarches pour récupérer mes papiers, j’avais du demander non sans mal quelques heures de répit pour pouvoir m’en occupper avec Isa. Une bonne chose de faite, qui devait être faite un jour ou l’autre, urgence ou pas au travail… mais comme de toute façon le travail de chaque jour est urgentissime, il fallait bien en choisir un !
Sur ces nouvelles bien tristes (de simplement “aigri”, je suis passé au stade émotionnel suivant qui rejoins la mélancolie), je vous laisse en espérant vous retrouver avec en toile de fond, une mélodie plus joyeuse et entrainante.
Pas d’alarme à déclencher pour autant ! Mais je voulais juste partager le vrai côté des choses avec vous tous, pourquoi vous dire que tout va bien quand ça ne va pas très fort après-tout.
Je demanderai à Isa de poster sa propre news ce week-end, news qui sera sans doute plus réjouissante.

















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