Folle journée !
Christophe | 13 septembre 2006 | 00:37:45C’est arrivé la semaine dernière au travail, et avec les horaires un peu fous que j’ai eu jeudi et vendredi dernier, sans compter la fin de soirée du vendredi au bar afin de "fêter la sortie de la newsletter de Septembre", je n’ai pas encore eu le temps de le raconter.
En début de semaine dernière, une de mes collègues, qui était là depuis un an environ, m’annonce discrètement qu’elle a eu une autre opportunité dans une autre entreprise. Je la félicite de suite et lui souhaite bonne chance, comme les quelques autres de mes collègues qu’elle a tenu au courant de sa situation. Jenny (j’ai caché son vrai prénom pour des raisons de sécurité, on ne sait jamais ce que Google peut nous réserver de nos jours) m’apprend qu’elle va l’annoncer à la boss le lendemain matin, mercredi 6 septembre dernier. Appelons ma boss Mme M, pour les mêmes raisons que précédemment.
Nous arrivons au mercredi en question. Je vais voir Jenny pour lui demander si elle a pu parler à notre boss ; elle me dit qu’elle y va de ce pas. La porte du bureau se referme, et je préfère ne pas assister à la scène et revenir à mon bureau. Quelques minutes plus tard, la porte s’ouvre, et une voix bien connue dit "I’m on my cell" ce qui ne signifie pas que Mme M. essayait d’enjamber son cellulaire mais plutôt qu’elle descendait pour une période suffisamment longue qui justifie dans ce cas qu’on l’appelle sur son cellulaire si besoin est. Elle le fait pratiquement tous les soirs quand elle quitte le bureau, mais plutôt rarement à 10h30 du matin… il se passait donc déjà des choses inhabituelles. Je retourne voir Jenny pour lui demander comment s’était passée la courte entrevue et comment Madame la boss avait pris la démission de Jenny. Manifestement, pas très bien, évidemment ! Elle était donc en fait descendue pour "dépomper", ou se calmer les nerfs si vous préférez. Fait plutôt rare. Et Jenny se sentait plutôt mal.
Elle revient au bout d’une demi-heure. Comme à son habitude, au lieu de composer l’extension téléphonique à trois chiffres pour demander à un de ses employés quelque chose ou pour le faire venir prestement à son bureau, Mme M. hurle son prénom. Tous les employés sont au courant en même temps que la boss appelle untel, ou que tel ou telle autre va passer un mauvais quart d’heure, selon le ton de sa voix. L’heureux élu cette fois-ci (à raison d’une douzaine par jour), vers 11h du matin, a été Michael. Michael, comme nous tous plus ou moins, n’aime pas sa boss. Mais lui, il ne l’aime vraiment pas, et il sait lui faire remarquer quand il le juge nécessaire ou légitime. Ceci est réciproque bien entendu. Au moment où il se faisait héler, de la façon la plus délicate qui soit, Michael était au téléphone, parait-il pour un appel personnel. Et il aurait fait comprendre à Mme M. qu’il allait accéder à sa requête (venir à son bureau dans les 15 secondes qui suivent le beuglement) à la fin de son coup de téléphone, d’un geste qui signifiait apparemment "Oui j’arrive, je finis mon appel, je ne suis pas ton chien". Un gigantesque claquement de porte s’en est suivi, en provenance du bureau de notre directrice en chef. Problème. Celui qui avait l’habitude de claquer les portes lors de ses chicanes quotidiennes avec Mme M. avait définitivement quitté la compagnie récemment (mon Dieu merci !!!). Que se passait-il donc pour qu’une porte claque à nouveau ? De notre bureau à nous, moi et mes collègues savions dès lors que quelque chose de plutôt mauvais se tramait, et étions bien curieux d’en entendre un peu plus à travers la porte du bureau de Mme M. qui venait de se rouvrir brusquement, poussée alors par Michael. J’ai appris quelques instants plus tard ce qui s’était dit, de la bouche même de Michael, rouge comme une tomate mais aussi vert de rage, alors qu’il tenait à la main ce qui ressemblait à un modèle de lettre de démission ou quelque chose du genre. Quelques minutes plus tard, il me montrait, toujours aussi furieux de la façon dont Mme M. traite et parle à ses employés, non pas sa lettre de démission signée, mais son courriel de démission ! Il l’a envoyé sous mes yeux à Mme M. Je suis vite revenu à mon bureau au cas ou la foudre frapperait de nouveau : mieux vaut ne pas être sur son passage et se prendre un petit éclair furtif.
Quelques minutes après l’envoi de son courriel, Michael est passé distribuer son stock d’affaires à quelques-uns de ceux qui étaient alors devenus, certains sans le savoir encore, ses ex-collègues. En ce qui nous concerne, nous avons hérité de son excédent de poivre noir. Puis, il est parti, sans que personne ne s’en aperçoive vraiment, en tous cas je ne m’en suis pas aperçu. Quelques instants plus tard, je suis revenu aux nouvelles, ne croyant pas encore ce qui venait de se passer. J’ai appris qu’après ce coup d’éclat, Michael était descendu boire une bière pour se calmer les nerfs avant de remonter et de devoir affronter une nouvelle fois et pour quelques jours encore sans doute, le regard dédaigneux de sa boss. Il n’est jamais remonté. Il a appelé un de mes collègues pour lui dire qu’il était bloqué dans le stationnement sous-terrain, sa carte ne lui permettant plus d’ouvrir la barrière automatique. Ce à quoi mon collègue lui a répondu que Mme M. lui avait demandé de désactiver sa carte (stationnement et entrée dans les bureaux), ainsi que son compte d’utilisateur et autres accès à distance sur le réseau informatique. Il était donc parti depuis une demi-heure à peine, et c’était déjà comme si il n’avait jamais existé, alors qu’il avait plusieurs années d’ancienneté dans l’entreprise.
Le même jour, nous comptions donc deux pertes parmi les employés. Jenny devait partir vendredi, et Michael était parti du bureau dans les cinq minutes qui avaient suivi sa démission. Un des collègues de notre bureau (dans lequel nous sommes quatre - les quatre "I.T. guys" comme on nous appelle) demande innocemment s’il n’y a pas normalement deux semaines de préavis dans ce genre de cas. Je m’étouffe de rire, en même temps que mon autre collègue qui lui répond "est-ce que tu as déjà vu quelqu’un prendre son préavis dans cette compagnie??" C’est vrai, normalement, les employés qui se font licencier ont droit à 2 semaines de préavis, mais la boss préfère les voir partir de suite en leur payant ces deux semaines. Et au sujet de Michael, c’est lui qui est parti. L’usage voudrait que l’employé prévienne en avance son patron, mais dans les faits, un employé est libre de partir de lui-même dans les minutes qui suivent sa lettre de démission, comme l’a fait Michael. Quelle journée de fou !
Mais la journée n’était pas encore finie, et elle me réservait encore une surprise de taille. Tout le bureau était encore en effervescence jusqu’à la fin de l’après-midi, on disait à Jenny qu’elle était le premier maillon de la chaîne et que d’autres allaient suivre. Oui, peut-être que d’autres vont suivre, en effet.
Il était environ 15h30 quand mon cellulaire a sonné, indiquant un numéro inconnu ou en tous cas, en dehors de mon répertoire. Je décroche et tombe sur le genre de voix que l’on classe instinctivement et en quelques secondes dans la catégorie des appels "professionnels", ou encore des appels à poursuivre de préférence seul, à l’abri d’éventuelles oreilles indiscrètes. Je me lève et me dirige donc dans la cuisine. J’avais au téléphone la conseillère en recrutement d’une société informatique de Montréal, qui m’avait contacté en Mai dernier alors que nous étions en France Isa et moi. L’entrevue à ce moment là n’avait pas pu se faire par manque de temps. Mais cette fois-ci, bien qu’ayant une fin de semaine que je savais d’avance très chargée, j’étais disponible. Disons plutôt que je me suis libéré… mais dans ce genre de situations, quand on a pas le temps, on le prend. Le rendez-vous fut donc pris le lendemain (jeudi 7 septembre dernier) à midi. Je raccroche et retourne à mon bureau comme si de rien n’était, mais le fait même de s’absenter est toujours relativement louche pour les collègues de mon propre bureau. Soit… c’est comme ça ! Je retourne voir Jenny pour lui annoncer la nouvelle, en l’écrivant sur un bout de papier, discrétion oblige… mais je ne pouvais pas ne pas lui dire, à elle, surtout un jour comme ce mercredi là, si "bizarre" ! Elle était elle aussi très contente pour moi, et je la tiendrai au courant dès que j’aurai du nouveau, la semaine prochaine si tout va bien.
Bref, une journée franchement étrange que ce mercredi 6 septembre. Peut-être était-ce un effet de la pleine lune, prévue dans le calendrier lunaire pour le 7 septembre ? En tous cas, ce fut beaucoup d’émotions et de stress en peu de temps. Je vous tiendrai au courant pour la suite des évènements, bien entendu ! Dommage que je n’aie pas pu raconter ces évènements avant, par manque de temps. Mais je tenais néanmoins à le faire, et c’est fait !

















Ayoye! Toute une journée! Quel récit, qui m’a tenue en haleine! Ha! ha!
Et cette entrevue, elle s’est passée comment le jeudi ?? Des développements à venir ?
Quand je lis des histoires comme ça, je me dis que si mon salaire ne fait pas rêver beaucoup de personnes (moi la première!), au moins, j’ai un patron vraiment génial. Pas plus tard que cet après-midi, par exemple, connaissant mon obsession pour le chocolat, il m’a rapporté en surprise un morceau de brownie maison de la chocolaterie artisanale où il était allé chercher du café. Sweet!
Allez, on attend la suite!