La déprime hivernale
Christophe | 1 avril 2007 | 23:00:00Il était temps. Il était temps que le printemps s’en vienne ! Car oui, il est bel est bien arrivé depuis une semaine. Et comme à chaque année, à cette période de l’année, Montréal se transforme, les derniers amoncellements de neige fondent tranquillement pendant que les gens se remettent à sortir et à investir les bars et cafés dont les terrasses s’ouvrent progressivement. Fini le "winter blues", vous pouvez ranger vos simulateurs d’aube au placard jusqu’au prochain hiver. Il était temps !
Je ne suis pas moi-même victime de ce phénomème de déprime hivernale, du moins je ne crois pas. Mais il est certain que l’hiver a une influence négative sur le moral des gens, qu’ils soient au Québec comme partout ailleurs sur le globe (en tous cas, là ou l’hiver est reconnu comme étant une véritable saison ayant des effets visibles dans la nature). Je ne m’exclue pas de cet état de fait : même si je ne déprime pas, je suis sans doute moins jovial, comme tout le monde.
Il faut bien dire que les raisons sont nombreuses au Québec pour en arriver à détester l’hiver.
Après chaque tempête et chaque bordée de neige, il faut… déneiger sa voiture. Oh oui c’est marrant au début, c’est l’fun, c’est même exotique pour les immigrants nouvellement arrivés. Mais au bout de la quatrième tempête de neige et d’une dizaine de bordées de neige (relativement fréquentes comparées aux tempêtes), un certain "ras-le-bol" s’installe, et c’est bien normal. Ajoutons à ce tableau le passage à l’heure d’hiver, qui tombe au moment où les jours raccourcissent déjà, à la fin du mois d’octobre. La nature fait déjà en sorte qu’il fasse noir de plus en plus tôt. Mais en décembre, période de l’année déjà propice aux dépressions (mentales aussi bien que climatiques), la nuit tombe dès 16h30 si ce n’est plus tôt. A 17 heures, il fait carrément nuit, à l’heure des embouteillages sur Descarie. Puis arrivent janvier et février, les deux mois les plus glacials de l’année. Cette année, les montréalais ont été si l’on peut dire "chanceux" : la première bordée de neige est tombée le 26 décembre. De fait, ils ont du passer un réveillon de Noël sans la moindre trace de neige. Déprimant, d’une certaine manière. Puis la première tempête de neige les a épargnés jusqu’au 15 janvier 2007, date à partir de laquelle on pouvait vraiment s’estimer en hiver, suite au redoux qui a suivi la seule et unique bordée de neige de décembre. Mais à partir de ce 15 janvier, il n’a plus été question de redoux du tout. Les températures, de saison, oscillaient autour des -10 à -15°, ponctuées par des périodes de froid intense à -38° avec le facteur vent, non négligeable celui-là. Et dans ce temps là, personne ne sort, ou seulement par obligation : aller au travail ou remplir le frigidaire par exemple. On ne sort plus "pour le fun" dans ce temps là, plus de petites soirées improvisées à la fin du cours de théâtre : fait ben trop frette, on verra la semaine prochaine ! Ouais… ben la petite soirée improvisée s’est tenue finalement en après-midi dimanche dernier, quand tout danger de vergetures était définitivement écarté.
C’était donc il y a une semaine que la mutation printanière de Montréal et de ses habitants s’est opérée. C’était carrément hallucinant. Un monde fou sur la rue Mont-Royal. Le parc Lafontaine était noir de monde, les cafés et les bars pleins à craquer. On pouvait voir des sourires éclatants sur tous les visages, derrière leurs lunettes de soleil flambant neuves. Les quelques mots qu’on entendait sur les trottoirs disaient tous la même chose : "printemps", "chaleur" "agréable", "bientôt l’été"… Bref, je devrais pourtant y être habitué après trois ans, mais non rien à faire, cette renaissance de la ville et des gens quand arrive le printemps est tellement soudaine qu’elle ne peut que surprendre à chaque fois.
Profitons-en, avant que l’été et sa chaleur humide et suffocante ne fasse tourner à plein régime nos climatiseurs ! Sortez et souriez : l’hiver est pour ainsi dire fini pour cette année; il n’aura duré que trois mois, faisant du même coup un beau pied de nez à ceux qui pensent encore que l’hiver au Québec dure six mois dans l’année… Bien sûr nous ne sommes pas à l’abri de quelques flocons : ici aussi, en avril, ne te découvre pas d’un fil… mais d’ici une ou deux semaines, les premiers bourgeons et les arbustes en fleurs viendront définitivement à bout de l’hiver 2006/2007. Immigrantes et immigrants, c’est le moment : venez !
Retrouvez cette chronique sur le site www.immigrer.com
Mon cher maudit hiver à marde
Christophe | 16 février 2007 | 02:16:47C’est officiel : je suis tanné de l’hiver au Québec ! Bon allez, je vais nuancer mes propos : disons que l’hiver ne m’insupporte que quelques minutes par jour… mes ces minutes pendant lesquelles je maudis l’hiver sont intenses par exemple !!
Même en le sachant à l’avance, disons que quand vous trouvez le matin votre voiture dans cet état là :

… et que vous devez obtenir ceci avant de pouvoir vous mettre en route :

… il y a de quoi s’énerver à perdre son temps comme ça ! Sans compter le monticule de neige juste derrière la voiture qu’il faut déblayer aussi de préférence.
Vous l’aurez compris, nous venons de traverser la deuxième tempête de neige de cet hiver. Je l’ai moi-même attendue en plus… mais c’était avant que j’aie à prendre la voiture pour aller au travail, et donc à la déneiger le matin si nécessaire.
Notre premier hiver ici, nous n’avions pas de voiture, donc le problème était réglé. Le deuxième hiver, nous avions un garage chauffé, qui nous coutait les yeux de la tête mais qui nous faisait gagner un temps précieux lors d’une grosse bordée de neige ou d’une tempête. Cette année, je découvre les joies de l’hiver sous un autre angle : nous avons un stationnement privatif, mais il n’est pas couvert, donc comme la grande majorité des Montréalais, je déneige le matin !
Une autre raison qui m’a fait pester contre l’hiver québécois aujourd’hui, était ce vent puissant et glacial qui produisait ce qu’on appelle ici de la "poudrerie" : imaginez un désert de sable balayé par des vents violents; le sable vole partout, de préférence dans vos yeux et dans votre coup même si celui-ci est protégé. Et bien la poudrerie, c’est la même chose, mais avec de la neige, comme en témoigne cette photo prise aujourd’hui :

Heureusement, tout ne me déplait pas encore dans l’hiver québécois, ou en tous cas, montréalais. Cette année, j’ai même remarqué quelque chose qui m’a assez amusé pendant quelques jours. Pourquoi cela m’a pris trois ans pour m’en apercevoir, ça je n’en sais rien !
L’hiver à Montréal donc, on peut facilement avoir l’impression que les automobilistes font tous ensemble un concours étalé sur plusieurs mois : le concours de la voiture la plus sale de toute l’île de Montréal. Jamais personne d’ailleurs ne peut être déclaré gagnant du concours : il y a toujours une voiture plus sale encore que la vôtre ou que celle à qui on croyait décerner le prix. Attention, si vous êtes un automobiliste montréalais, ne vous croyez surtout pas exclus du concours, vous y participez même sans le savoir, et il y a forcément quelqu’un qui a pensé en regardement attentivement votre véhicule que vous étiez le gagnant. Voici quelques exemples pour appuyer mes propos :

Eh oui… c’est notre voiture… mais j’ai vu pire :

Quand on y regarde de plus près, de très près même, c’est là que ça devient intéressant :

La photo ci-dessus peut sembler hors contexte, et pourtant il s’agit bien d’une photo en macro du sel qui s’accroche à la carrosserie de nos véhicules et la ronge avec ardeur.
Avant la tempête de neige de ces derniers jours, je me disais qu’il fallait absolument que je fasse laver la voiture. Mais… c’est bien inutile en fin de compte : l’hiver, les voitures sont sales, voire dégueulasses, et c’est bien comme ça ! Je vais juste attendre quelques jours que les restes de la tempête s’estompent pour la faire laver, et une semaine plus tard elle sera redevenue sale, de toute façon !
Et pourtant, malgré tout ça, j’aime encore l’hiver, même si je peste pendant quelques minutes les jours où je dois déneiger la voiture et où je me prends de la poudreuse dans la figure. Ce n’était que la deuxième tempête de l’hiver, et j’espère vraiment qu’il y en aura d’autres !! Je suis fou vous dites ? Non ! Juste Français :)









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