Le Québec doit prendre son indépendance…
Christophe | 7 février 2009 | 01:11… par rapport à la France.
[Ne vous méprenez pas. Ce billet ne fait pas l'apologie de l'indépendance du Québec, ni ne représente un coming-out souverainiste de son auteur.
Ce billet part d'un commentaire laissé sur le blog de Mat, que j'ai cru bon de partager.
Mat, un québécois vivant en France depuis plusieurs années, a été un peu secoué par les propos de Nicolas Sarkozy sur le mouvement souverainiste et les indépendantistes eux-mêmes, lors de la visite du premier ministre québécois Jean Charest (si si, je vous jure, il a passé quelques jours en France, il a même été décoré de la légion d'honneur). Ma réponse à son billet m'a entrainé dans une réflexion "on the fly" que je vous livre ici-même, agrémenté de quelques ajouts et précisions. Pour plus de détails sur le contexte, je vous réfère à cet article.]

Il faut reconnaitre une chose : Sarkozy a donné son opinion parce qu’on le lui a demandé, point à la ligne.
Les Québécois connaissaient déjà l’opinion du président français sur la question de la souveraineté puisqu’il l’avait exprimée en mai 2008 je crois pour les festivités du 400è de Québec. À ce moment là déjà, les médias québécois s’étaient offusqués… qu’en est-il du fameux “ni-ni“, etc. Jean Charest passe quelques jours en France, les Français d’ailleurs s’en foutent (pour preuve il faut véritablement faire des recherches sur les sites des quotidiens français, et je doute fort que le sujet ait été abordé aux JT de TF1 et France 2), et voila l’occasion rêvée pour qu’on pose à nouveau à Sarkozy la fameuse question sur le ni-ni. Sarkozy a du se demander si les Québécois n’étaient pas un peu durs d’oreille, et il a donc réaffirmé sa position avec plus de fermeté, logique.
Il a parlé de “sectarisme”, je l’ai moi-même trouvé dur, mais il n’a pas traité les Québécois indépendantistes d’imbéciles pour autant. Cette interprétation, les souverainistes l’ont créée de toute pièce parce qu’ils n’acceptent pas ce changement de cap de la part de la France, qui les avait justement toujours habitués au ni-ni. Sarkozy a une vision différente, c’est comme ça, il faudra bien que les souverainistes s’en accomodent !
Le problème, vu de Montréal en particulier (sans doute beaucoup moins des régions), est que le Québec semble pendu aux lèvres du président français. C’est comme ça depuis De Gaulle. Mercredi matin, Christiane Charette recevait Alain Duhamel, pour parler de qui ? De Sarkozy ! À votre avis, en bien ou en mal ? Je ne vous suggérerai pas la réponse. Ce matin, au tour d’Alain Génestar, évincé de Paris-Match par Lagardère, de basher du Sarko. Il n’est pas nécessaire qu’il y ait une campagne présidentielle en France ou que le premier ministre du Québec soit en déplacement en France pour cela; à l’émission de Christiane Charette, c’est symptomatique : toutes les semaines, il faut que le nom de Sarkozy soit prononcé et associé aux travers les plus abjects, et toutes les semaines, il faut qu’on parle de l’actualité française en particulier, sauf quand il ne se passe vraiment rien, ou plutôt rien qui n’aille dans le sens des opinions politiques de Nathalie Pétrowski ou autres Josée Legault. Bon, il y a sans doute trop de bobos Français dans la tour de la SRC, mais c’est un autre problème… Bref, à trop écouter le 95.1FM à Montréal ou a trop regarder Tout le monde en parle, on en arrive à se demander pourquoi le Québec s’intéresse tant à la France, le pays qui l’a lâchement laissé aux mains des Anglais il y a 250 ans. Il y a pourtant toujours un Québécois pour le rappeler subtilement à un Français qui n’y peut pourtant absolument rien.
Ce schéma habituel, que je constate depuis des mois, m’a amené à la réflexion suivante : il est grand temps que le Québec s’assume comme il est. Il est grand temps aussi que les Québécois se défassent de ce satané sentiment d’infériorité qu’ils ressentent face au monde qui les entoure, et pas seulement face à la France. Ce sentiment s’exprime par exemple par les réactions démesurées du Bloc Québécois (parti “indépendantiste” fédéral) et du Parti Québécois (parti “indépendantiste” au provincial) face aux propos du président français. Il m’est arrivé également à maintes reprises de constater ce sentiment parmi certains de mes interlocuteurs, que ce soit lors de discussions verbales, par courriel ou sur des blogs. Mais la plus parfaite expression de ce sentiment, il suffit d’aller la chercher dans l’actualité : la controverse qui entoure la commémoration de la bataille des Plaines d’Abraham il y a 250 ans, qui aura lieu l’été prochain, montre d’une certaine manière que le Québec d’aujourd’hui ne s’est toujours pas remis de sa défaite face aux Britanniques menés par Wofle en 1759. S’agit-il d’un des rares peuples au monde qui “fête sa défaite”, ou s’agit-il d’un simple devoir de mémoire pour au contraire ne pas oublier qui nous sommes ? Est-ce qu’il faut aller chercher les origines de ce complexe dans la défaite de Montcalm en 1759 ? Dans tous les cas, le fait est qu’il y a controverse, encore aujourd’hui.
L’indépendance. L’indépendance est peut-être la solution pour que le Québec s’affirme enfin, ou peut-être pas, à vrai dire je ne sais plus quoi penser du mouvement souverainiste, d’autant plus que si tout va bien, je serai Canadien d’ici quelques mois. Mais si un jour le Québec est indépendant, il le sera, avec ou sans l’avis ni l’aval du président français. Diplomatiquement, il est clair que ce serait préférable, mais on s’entend que la souveraineté du Québec se réglera d’abord et avant tout au Québec. Si ce jour devait arriver (on s’entend que ce n’est pas demain), je ne vois pas pourquoi Sarkozy ou son successeur refuserait de reconnaître l’indépendance du Québec.

Comme le titre ce matin Cyberpresse :
C’était ce soir au Québec, en cette période d’élections provinciales qui auront lieu le 26 mars (je précise pour mes lecteurs français et européens), le soir du fameux "débat des chefs". La 






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