Le dernier JT de Patrick Poivre D’Arvor sur TF1
Christophe | 10 juillet 2008 | 18:59:08Il y a parfois des évènements qui prennent peut-être plus d’importance quand on a immigré dans un autre pays. Il y a deux ans par exemple, à un jour près, TV5 Monde diffusait la dernière de Tout le monde en parle avec Thierry Ardisson. Aujourd’hui, c’était le dernier journal télévisé de Patrick Poivre D’Arvor, après 21 ans de service chez TF1.

J’avais appris sa mise à pied dans la presse française, un peu de la même façon que lui d’ailleurs… Et ce matin, à la radio de Radio-Canada, l’animateur en a glissé un mot.
Ce midi, je n’ai pas résisté, il fallait que je regarde en direct ce dernier JT de PPDA. J’ai fini par trouver un flux d’une excellente qualité qui diffusait la chaine en direct. Ce qui m’intéressait vraiment, c’étaient les toutes dernières minutes du journal, les adieux de PPDA à la chaine et à son public. Elles se sont passées vers 14h35, heure de Montréal. J’ai regardé ce moment avec énormément d’émotion.
http://www.montrealamoi.com/files/080710-dernier-JT-PPDA.flvPour tous les Français, ces quelques minutes représentaient une page de l’histoire de la télévision française qui se tournait. Mais pour moi, comme peut-être pour une partie des Français de l’étranger, le départ de PPDA représente plus que tout cela : c’est un repère, une véritable institution qui disparait et qui me montre que la France est en train de changer, sans moi. Par exemple, lors de nos retours en France, se retrouver devant le journal télé de PPDA était un signe manifeste d’un retour aux sources en quelque sorte. Lors de notre prochain retour en France, ce même JT qui sera alors présenté par Laurence Ferrari, n’aura pas la même symbolique. C’est en partie à cause de ce lien qui se rompt ainsi, et dont Patrick Poivre D’Arvor a parlé, que j’ai ressenti beaucoup d’émotion en visionnant en direct les dernières minutes d’antenne du présentateur vedette de TF1.
Maintenant, je sais relativiser, et je n’en fais pas une affaire d’État (un jeu de mots qui plaira à certains !!!). Demain, je n’y penserai plus, mais je suis obligé d’admettre que ce genre d’évènement m’affecte d’autant plus depuis que j’ai quitté la France.

Vous pouvez voir sur la gauche une photo prise non loin de chez nous il y a quelques jours. Les drapeaux québécois semblent fleurir sur les balcons de toute la ville lors de cette période de fête du Québec. Nous avons donc participé aux célébrations de la Fête Nationale du Québec hier, en petit comité, rien à voir en effet avec l’année dernière où nous étions bien plus nombreux ! Ce fut néanmoins une journée agréable bien entendu mais les contraintes de certains et les obligations des autres ont fait que nous n’avons pas pu nous réunir tous ensemble pour célébrer cette journée.
Cette année, le 24 juin a sans doute pris un autre sens pour nous. Il y a un an, le 24 juin 2004, cela faisait un peu plus d’un mois que notre avion avait atterri. Nous ne vivions pas encore dans notre propre appartement, aucun de nous deux ne travaillait encore… nous étions encore en vacances, en pleine période de découverte de notre nouvelle terre d’accueil. Mais cette année, les choses ont changé puisque justement, cela fait maintenant plus d’un an que nous sommes là ! Et depuis un an, nous avons appris à connaître mieux la société québecoise. Cette fête de la Saint-Jean a pris désormais un tout autre sens à nos yeux !
Maintenant en effet, nous sommes sans doute plus sensibilisés à la “cause” québécoise, au sentiment d’appartenance à une communauté fière de sa différence, de son histoire, de ses valeurs et sa culture. Et même si l’idée d’un Québec indépendant parait pour l’instant difficilement réalisable pour plusieurs raisons notamment économiques sur lesquelles je ne vais pas m’épancher, je crois que nous voterions Oui au référendum sur l’indépendance du Québec s’il y en avait un et si nous avions le droit de vote. Je me souviens, lors de notre retour en France, on me disait souvent des phrases comme celles-ci : “Ah bah oui, ça ne se passe pas comme ça au Canada !” Je ne pouvais m’empêcher de répondre “Au Québec tu veux dire !”, ce qui suscitait souvent une réaction inattendue comme “Oui bon, tu m’as compris…” ou encore “Eh bien ça y est, il a viré de bord !” Il s’agit donc d’un concept bien difficile à faire comprendre à un interlocuteur qui n’y habite pas… au Québec. Non je n’ai pas “viré de bord”, je “reste” (habiter) au Québec bien avant de rester à Montréal - QC - Canada ! Evidemment, il y a un an, il m’aurait été bien difficile d’avoir ce discours là : je venais à peine de comprendre la différence entre le provincial et le fédéral… Mais maintenant, plus de doutes ! Et hier, le 24 Juin, j’avais cette-fois moi aussi, mon drapeau du Québec.






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